Un projet immobilier contesté au cœur d’un marais classé
À Hamme-Mille, la perspective de voir des pelleteuses intervenir sur le marais mobilise des riverains et associations. Trois habitantes, Véronique Houbaert, Anne-Françoise Meulemans et Sophie Ryckmans, qui ont fondé le collectif citoyen Les Voisins du Marais, ont réagi après la décision du Conseil d’État, rendue le 24 août, de rejeter la demande de suspension d’extrême urgence visant le projet de la SA Tamet (groupe Equilis).
Les inquiétudes des riverains
Le projet prévoit la construction de 130 logements sur une superficie d’environ 4 hectares situés en zone humide. Pour les membres du collectif, l’intervention des engins entraînerait l’abattage de grands arbres et la disparition d’une aulnaie‑frênaie alluviale, habitat dont la biodiversité est, selon elles, manifeste et précieuse.
Les opposantes mettent en garde contre un risque hydrologique : le marais fonctionne comme une « éponge naturelle » et sa bétonisation pourrait, à leurs yeux, aggraver le risque d’inondations en altérant les capacités de ruissellement.
« La bétonisation projetée aggraverait le risque d'inondations. Le marais est une éponge naturelle, indispensable au ruissellement. Pour nous, clairement, ce projet est incompréhensible. »
Un recours maintenu malgré le rejet de la suspension
La suspension d’extrême urgence avait été introduite par six associations de Beauvechain — précision importante : Les Voisins du Marais ne faisaient pas partie de ces requérants, même si leurs objectifs convergent. Le trio insiste toutefois sur la nature non politique de leur combat, qu’elles qualifient d’« entièrement tourné vers la nature ».
Sur le plan juridique, si la voie de la suspension immédiate a échoué, le recours en annulation sur le fond reste engagé. Les membres du collectif déclarent que le combat continue et qu’ils reçoivent un nombre croissant de soutiens au fil des jours.
La question de la pollution du site
Un autre point sensible est l’histoire industrielle du terrain : durant les années 1970, une partie a servi de décharge aux batteries Tudor. Le promoteur propose d’assainir la zone concernée, située sur environ 1 hectare le long de la chaussée de Louvain.
Les opposantes s’interrogent : assainir est‑il la meilleure option ? Selon elles et d’après le témoignage d’un géologue cité, creuser pourrait libérer des métaux lourds et les laisser se disperser vers la nappe phréatique, aggravant potentiellement la pollution plutôt que la corriger.
Ce que réclament les riverains
Le collectif demande notamment :
- la préservation des arbres et des habitats alluviaux présents sur le site ;
- une évaluation complète des risques hydrologiques liés à l’imperméabilisation des sols ;
- une expertise indépendante sur les risques liés à la pollution historique et aux travaux d’assainissement.
Chiffres clés
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Nombre de logements prévus | 130 |
| Surface du projet | 4 ha |
| Surface à assainir évoquée | 1 ha |
La suite de la procédure se jouera sur le fond, devant les juridictions compétentes. En attendant, la mobilisation locale se maintient et pose, au‑delà du seul dossier urbanistique, la question de la préservation des zones humides et de la gestion du risque d’inondation à Hamme‑Mille.