Un été « catastrophique » pour la SPA de Mouscron
La SPA de Mouscron tire la sonnette d'alarme après un début d'été 2026 qualifié de « catastrophique » par l'une de ses soigneuses. Selon l'équipe du refuge, les demandes d'abandon se multiplient et la structure se trouve de plus en plus souvent contrainte de refuser des animaux par manque de place.
« Rien que cette semaine, on reçoit des gens qui veulent abandonner leurs animaux tous les jours, parfois jusqu'à trois ou quatre sollicitations sur une journée. C'est catastrophique », confie Géraldine Danel, soigneuse à la SPA de Mouscron. Le constat est sans appel : après plusieurs années d'observation, la situation ne s'améliore pas et, pour certains, s'aggrave.
« Avec les années, on peut même dire que la situation ne fait que s'aggraver. [...] Ils le gardent six mois et s'en séparent, c'est presque désespérant. »
Des chiffres révélateurs, mais partiels
La SPA estime à plus de 250 le nombre d'abandons sur une année, en précisant toutefois qu'il s'agit des animaux effectivement accueillis par l'ASBL et non de l'ensemble des cas signalés sur le territoire. Face à l'afflux de propriétaires souhaitant se séparer de leur compagnon, la structure dit manquer de capacité d'accueil.
| Élément | Chiffres cités |
|---|---|
| Abandons estimés (par an) | +250 |
| Adoptions annuelles (chiens) | ~60 |
| Adoptions annuelles (chats) | 180–200 |
| Capacité actuelle du chenil (chiens) | 30 |
| Capacité souhaitée par la SPA | 100 |
Des méthodes d'abandon alarmantes
Outre la fréquence, les bénévoles dénoncent la violence de certaines pratiques. Sur les quatre derniers mois, la SPA a recueilli deux chiens trouvés dans une forêt, attachés à un arbre, sans eau ni nourriture. D'autres cas font état d'animaux laissés près de l'entrée du refuge, attachés à un poteau plutôt que confiés en main propre.
Ces épisodes renforcent le sentiment d'urgence parmi le personnel et les bénévoles, confrontés à des situations qui allient détresse animale et attitudes d'évitement de la part de certains propriétaires.
Des adoptions qui n'effacent pas la pression estivale
Juillet et août restent des mois particulièrement critiques : si des adoptions ont lieu — environ 60 chiens et entre 180 et 200 chats partent chaque année vers un nouveau foyer — elles ne compensent pas le nombre d'entrées. La SPA note aussi que peu d'animaux sont adoptés durant les grandes vacances, ce qui creuse l'écart entre arrivées et départs.
- Capacité insuffisante : le chenil actuel peut accueillir 30 chiens, alors que l'association souhaiterait pouvoir monter à 100 places pour répondre à la demande.
- Fréquence des sollicitations : 3 à 4 personnes par jour demandent à abandonner leur animal en période de pointe.
- Exemples dramatiques : animaux trouvés attachés dans des bois ou abandonnés près du refuge.
Face à ces constats, la SPA de Mouscron appelle implicitement à une prise de conscience des propriétaires et à des solutions structurelles : soutien financier, agrandissement des installations ou renforcement des campagnes de sensibilisation. À ce stade, la structure évoque la nécessité d'« agrandir le chenil » pour éviter de « remballer personne » ; aucune décision publique ou financement n'a été annoncé dans le même temps.
Pour les Mouscronnois, la situation pose plusieurs questions concrètes : comment mieux prévenir les abandons ? Quelles ressources mobiliser au niveau communal ou provincial pour soutenir les refuges ? Et, surtout, comment agir collectivement pour que les animaux ne paient pas le prix des négligences humaines ?
La SPA reste sur la brèche, épaulée par ses bénévoles, mais alerte : sans renforts et sans changement de comportement des propriétaires, les mois à venir risquent d'être encore plus difficiles pour les animaux et pour ceux qui tentent de les protéger.