Un nouvel outil de soin au cœur du CHU liégeois
Le CHU de Liège a inauguré ce jeudi le centre « Rebond », un espace dédié à l’activité physique installé au sein de l’Institut de Cancérologie Arsène Burny. Ce centre offre un accès gratuit aux patient·e·s pris en charge pour un cancer et s’inscrit dans une logique de soins complémentaires visant à améliorer la qualité de vie et la réhabilitation.
Intégrée à l’Institut, la nouvelle salle facilite la coordination entre les différents professionnels impliqués — oncologues, kinésithérapeutes, autres soignants — et permet de proposer des programmes adaptés aux besoins des patient·e·s pendant et après les traitements.
Des bénéfices reconnus, appuyés par la recherche
De manière empirique, la pratique d’une activité physique était déjà perçue comme bénéfique pour les personnes atteintes d’un cancer. Le docteur Catherine Loly, gastro-entérologue et oncologue, qui préside l’Institut Arsène Burny, rappelle que ces bénéfices incluent notamment la diminution de l’anxiété et l’amélioration de l’autonomie des patient·e·s.
« On a aujourd’hui de plus en plus d’études scientifiques qui démontrent aussi que le taux de survie peut être amélioré chez les patients qui font du sport. »
Ce constat scientifique renforce l’intérêt d’intégrer systématiquement l’activité physique dans le parcours de soin oncologique, en complément des traitements médicaux classiques.
Des parrains et marraines de terrain
Pour l’inauguration, le CHU a souhaité associer plusieurs figures du sport de haut niveau, venant montrer leur soutien et accompagner symboliquement les patient·e·s lors d’ateliers animés par Léonore Jodogne, kinésithérapeute spécialisée en oncologie.
- Carole Bam, coach des Belgian Cheetahs;
- Amand Marchant, skieur alpin;
- Arnaud Dely, champion d’Europe de duathlon;
- Ingrid Vanherle, directrice du football féminin au Standard de Liège.
| Rôle | Personnalité |
|---|---|
| Coach | Carole Bam |
| Skieur | Amand Marchant |
| Duathlète | Arnaud Dely |
| Dirigeante football | Ingrid Vanherle |
Plusieurs de ces personnalités ont été touchées de près par le cancer, ce qui renforce leur engagement. Ingrid Vanherle, anciennement joueuse professionnelle, a expliqué qu’elle regrettait de n’avoir pas bénéficié d’un accompagnement personnalisé pour une pratique sportive adaptée durant sa rééducation. Arnaud Dely a, quant à lui, évoqué le parcours de son épouse suivi à l’Institut Arsène Burny et l’impact positif observé de l’activité physique.
Conséquences locales et perspectives
Pour Liège et sa région, l’ouverture de Rebond marque la volonté du CHU d’affirmer une approche globale du soin, mêlant prise en charge médicale et interventions non médicamenteuses fondées sur des preuves. À court terme, cela devrait permettre un meilleur accompagnement des patient·e·s dans leur réhabilitation physique et mentale. À plus long terme, si les données locales suivent les tendances observées ailleurs, l’initiative pourrait contribuer à améliorer certains indicateurs de qualité de vie et, potentiellement, de survie.
Le défi pour l’hôpital sera désormais d’assurer la pérennité et l’accessibilité de ces services, d’intégrer systématiquement l’évaluation de l’activité physique dans les parcours de soin et de poursuivre la collaboration entre équipes médicales et acteurs du sport. Le CHU dispose, en tout cas, d’un outil concret pour développer la « culture des soins » évoquée par les intervenants lors de l’inauguration.
Au-delà du CHU, l’existence d’un tel centre renvoie aussi à une question plus large : comment encourager, dans l’ensemble du réseau de santé wallon, des approches similaires pour permettre à un maximum de patient·e·s de bénéficier des avantages d’une activité physique encadrée et adaptée ?