L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) ont tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences sanitaires attendues d’un épisode El Niño jugé particulièrement fort, susceptible d’affecter des régions du globe de façon significative, notamment celles aux services de santé fragiles.
Une menace climatique aux répercussions sanitaires multiples
Lors d’un point presse à Genève, une responsable de l’OMS, Teresa Zakaria, a estimé que le phénomène représentait une « menace importante » pour la santé publique. Les experts mettent en garde contre une augmentation des événements météorologiques extrêmes liés à El Niño : vagues de chaleur, sécheresses prolongées, pluies intenses et inondations.
Ces variations climatiques peuvent entraîner une palette de risques sanitaires déjà bien identifiés :
- malnutrition, en raison de perturbations agricoles et de l’insécurité alimentaire ;
- maladies hydriques comme le choléra, favorisées par les inondations et la contamination des sources d’eau ;
- affections respiratoires liées aux vagues de chaleur et à la dégradation de la qualité de l’air ;
- maladies vectorielles (paludisme, dengue, chikungunya) pouvant se propager davantage après de fortes précipitations et la stagnation d’eaux.
« Nous nous attendons à observer des répercussions sur la santé partout dans le monde », a averti Teresa Zakaria.
Des pays plus vulnérables
L’OMS souligne que les conséquences seront particulièrement graves lorsque El Niño se conjuguera à des contextes de fragilité : systèmes de santé affaiblis, accès limité aux soins, insécurité alimentaire, déplacements de populations ou crises humanitaires. Face à ces risques, l’organisation internationale rappelle que des mesures d’anticipation restent possibles pour atténuer l’impact sanitaire.
Parmi les actions recommandées par l’OMS et l’OMM :
- renforcer les systèmes de santé afin d’assurer la continuité des soins ;
- améliorer la surveillance épidémiologique pour détecter et contenir les flambées ;
- constituer des stocks de matériel médical et logistique dans les zones exposées ;
- préparer des plans d’intervention face aux événements climatiques extrêmes.
Un épisode potentiellement historique
L’OMM avait, début septembre, signalé que l’épisode d’El Niño en cours pourrait être « le plus puissant » observé depuis le début des mesures du phénomène. Les effets pourraient se prolonger au‑delà du pic prévu en fin d’année, augmentant l’intérêt pour des mesures de préparation rapides et coordonnées à l’échelle internationale.
| Phénomène climatique | Conséquence sanitaire attendue |
|---|---|
| Vagues de chaleur | Mortalité liée à la chaleur, aggravation des maladies chroniques, troubles respiratoires |
| Sécheresse | Insécurité alimentaire, malnutrition |
| Pluies intenses / inondations | Migrations, maladies hydriques, augmentation des vecteurs |
Les organisations onusiennes insistent sur la nécessité d’anticiper pour limiter les impacts sanitaires. L’accent est mis sur la coordination entre agences météorologiques et autorités sanitaires, ainsi que sur le renforcement des capacités locales à détecter et répondre aux menaces émergentes.
Pour les autorités sanitaires et les acteurs de terrain, la période qui s’ouvre exigera une vigilance accrue, des moyens logistiques disponibles et une collaboration internationale soutenue afin de protéger les populations les plus à risque.