Un rapport publié cette semaine par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l'Unicef met en lumière des lacunes majeures dans l'accès aux services sanitaires au sein des établissements de santé à l'échelle mondiale. Seuls 40 % des établissements disposent d'installations sanitaires conformes aux normes élémentaires — toilettes accessibles et en état de fonctionnement — tandis que 11 % n'en offrent aucune, selon les estimations pour 2025.
Des critères précis pour des équipements considérés comme « de base »
Le rapport, fruit du programme conjoint de suivi de l'OMS et de l'Unicef sur les Objectifs de développement durable (ODD) à l'horizon 2030, définit les normes de base pour les sanitaires dans les structures de soins. Celles-ci incluent notamment :
- des toilettes utilisables et en état de fonctionnement ;
- des installations distinctes pour le personnel et les patients ;
- des toilettes séparées pour les hommes et les femmes, équipées pour la gestion de l'hygiène menstruelle ;
- des sanitaires accessibles aux personnes à mobilité réduite.
Les auteurs précisent que, pour la première fois, cette édition fournit des estimations mondiales et compare la disponibilité des services d'eau, d'hygiène, de nettoyage et de gestion des déchets au sein des établissements de santé.
Des progrès, mais des inégalités régionales marquées
Si le rapport note des améliorations notables par rapport à 2015, il souligne aussi des disparités régionales importantes. Sur la base de données provenant de 70 pays, les chiffres suivants ressortent :
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Établissements avec sanitaires de base (mondial) | 40 % |
| Établissements sans sanitaires | 11 % (soit environ 936 millions de personnes affectées) |
| Afrique subsaharienne | 23 % |
| Asie centrale et méridionale | 55 % |
| Établissements avec approvisionnement en eau de base | 85 % |
| Services élémentaires d'hygiène | 72 % |
| Gestion des déchets de soins | 71 % |
Les lacunes sont particulièrement préoccupantes en Afrique subsaharienne, où moins d'un établissement de santé sur quatre respecte ces standards. À l'inverse, certaines régions, comme l'Asie centrale et méridionale, affichent des taux supérieurs à la moyenne mondiale.
Conséquences pour la qualité et la sécurité des soins
Des sanitaires insuffisants ou inexistants ont des répercussions directes sur la sécurité des patients, la prévention des infections et la dignité des usagers. Le rapport évalue également l'accès à l'eau potable, aux services d'hygiène, au nettoyage des locaux et à la gestion des déchets : environ 85 % des établissements disposaient d'un approvisionnement en eau de base en 2025, mais un établissement sur dix restait privé de tout service d'eau, selon les données analysées.
Pour les autorités sanitaires, ces résultats rappellent que l'amélioration des infrastructures sanitaires est un élément central de la résilience des systèmes de santé, en particulier face aux épidémies et aux besoins croissants liés au vieillissement des populations.
Que signifie ce rapport pour la Belgique ?
Même si l'étude porte sur des données mondiales et couvre 70 pays, ses conclusions ont un écho pour les décideurs belges : elles soulignent l'importance d'investir dans l'entretien et la modernisation des infrastructures hospitalières, dans la formation du personnel aux bonnes pratiques d'hygiène et dans la surveillance régulière des standards. Les autorités sanitaires et les directions d'hôpitaux sont invitées à considérer ces indicateurs comme des priorités pour garantir la sécurité et la qualité des soins.
Le rapport de l'OMS et de l'Unicef fournit une base factuelle pour orienter les politiques publiques et les financements internationaux en faveur de l'amélioration des services sanitaires dans les établissements de santé, cruciaux pour atteindre les objectifs de développement durable d'ici 2030.