Un entrepôt humanitaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) situé à Dnipro, dans le centre‑est de l’Ukraine, a été « frappé et détruit » vendredi dernier, a indiqué dimanche le directeur général de l’agence onusienne. Selon l’OMS, au moins une partie des stocks a pu être évacuée avant l’attaque, et aucune victime n’était à déplorer au moment du communiqué.
Des fournitures destinées aux zones de combat
L’entrepôt abritait des colis de fournitures médicales « destinées aux établissements de santé de la ligne de front », précise l’OMS, qui évoque principalement des matériels d’urgence. Une équipe de l’agence et des chauffeurs s’étaient rendus sur place plus tôt dans la journée et ont réussi à retirer une partie des palettes avant l’attaque.
« Vendredi dernier, l'entrepôt humanitaire de l'OMS à Dnipro, en Ukraine, a été frappé et détruit. À ce stade, aucune victime n'est à signaler. »
Le directeur général de l’OMS a ainsi rapporté qu’environ 130 palettes avaient été évacuées sur les quelque 300 palettes initialement stockées. Les autorités de l’agence ne se risquent pas, conformément à leur pratique, à attribuer la responsabilité de cette frappe.
| Élément | Quantité |
|---|---|
| Palettes stockées (estimation) | ~300 |
| Palettes évacuées | 130 |
| Blessés signalés | Aucun |
Réactions des organisations humanitaires
Outre l’OMS, Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé les attaques visant les services de santé dans le conflit. Ces incidents compliquent l’accès aux soins pour les populations civiles et perturbent les chaînes logistiques indispensables aux hôpitaux et centres de soins situés près des lignes de front.
L’OMS tient un registre des agressions contre les infrastructures sanitaires à travers le monde ; toutefois, l’agence rappelle qu’elle n’impute pas formellement ces attaques à un acteur particulier, se bornant à documenter les faits et à fournir une assistance où cela est possible.
Conséquences sanitaires et logistiques
La destruction d’un entrepôt contenant du matériel d’urgence a plusieurs implications concrètes :
- une réduction immédiate des stocks disponibles pour les établissements soignants proches de la ligne de front ;
- un allongement probable des délais de réapprovisionnement, compte tenu des contraintes sécuritaires et logistiques dans la zone ;
- une pression accrue sur les équipes médicales locales et les organisations humanitaires encore présentes sur le terrain.
Les autorités sanitaires et humanitaires travaillent généralement à diversifier les points de stockage et les itinéraires d’acheminement pour limiter l’impact de tels incidents, mais ces mesures deviennent plus difficiles à mettre en œuvre lorsque les zones de transit sont elles‑mêmes exposées aux hostilités.
Vers une intensification de l’aide ou des réallocations ?
À court terme, l’OMS et ses partenaires vont devoir évaluer les pertes précises en matériel et décider des priorités d’affectation des ressources encore disponibles. Les organisations humanitaires peuvent être amenées à redéployer des stocks depuis d’autres pays ou régions, ou à modifier leurs circuits d’acheminement pour sécuriser l’accès aux communautés vulnérables.
Sur le plan sanitaire, la protection des infrastructures et du personnel de santé reste un enjeu majeur. Les attaques qui ciblent ou touchent des équipements et des entrepôts augmentent le risque de rupture d’approvisionnement en médicaments, en dispositifs d’urgence et en consommables essentiels pour les soins quotidiens en zone de conflit.
Les autorités internationales et les ONG continuent de documenter et de dénoncer ces incidents afin de préserver, autant que possible, l’accès aux soins pour les civils affectés par la guerre en Ukraine.