Sur la route de la vallée des Baux, une maison aux volets bleus — ancien relais de poste transformé en restaurant en 1984 par Mireille et Jean‑Louis Pons — attire depuis des décennies voisins, touristes et habitués autour d’une table unique. Reprise en 2010 par Vincent Quenin, l’adresse revendique une formule singulière : un menu identique pour tous, servi en salle patinée ou sur la terrasse sous les platanes.
Une formule « antidémocratique » mais libératrice
Le mot est de la maison : Vincent Quenin qualifie volontiers son établissement de «
restaurant antidémocratique». L’expression surprend d’abord ; elle décrit pourtant une philosophie simple et efficace : plutôt que de multiplier les choix et de voir la conversation se refroidir pendant que l’on hésite entre plusieurs entrées, ici chacun connaît à l’avance le déroulé du repas. Résultat : une convivialité immédiate et une attention portée aux produits et au service.
L’équipe, fidèle et rôdée, orchestre un « joyeux désordre ordonné » où la précision du service se met au service de la chaleur humaine, explique la maison. Entrée, plat, beau plateau de fromages et dessert composent le repas, accompagné du vin et du café inclus dans la formule.
Le répertoire des jours
Le restaurant décline chaque jour un plat phare, ancré dans une tradition généreuse :
- Mardi midi : tête de veau ou agneau
- Mercredi : lapin fermier
- Jeudi : volaille de Bresse à la broche
- Vendredi (déjeuner) : aïoli
La tête de veau est saluée pour sa texture moelleuse, relevée par une ravigote franche. Côté desserts, les tartes maison et le baba au rhum complètent le service ; le baba est servi avec sa bouteille de rhum, note le reportage d’origine.
| Élément | Information |
|---|---|
| Origine du restaurant | Relais de poste devenu restaurant en 1984 (Mireille et Jean‑Louis Pons) |
| Reprise | Vincent Quenin en 2010 |
| Formule | Entrée, plat, fromage, dessert ; vin et café inclus |
| Prix | 75 € au déjeuner, 80 € au dîner (menu complet incluant vin) |
Ce que cela signifie pour les gourmands
Pour le voyageur ou l’amateur de bonne chère, cette maison représente une promesse : se laisser porter, sans décision gastronomique à prendre, et se concentrer sur le plaisir du partage. La formule séduit autant les habitués — qui retrouvent une routine chaleureuse — que les visiteurs de passage, charmés par le décor provençal et l’ambiance de grande table conviviale.
Concrètement, si vous prévoyez un passage dans la région des Baux, la clef est de choisir votre jour selon le plat que vous souhaitez goûter. Les amateurs de volaille de Bresse viseront le jeudi, ceux qui rêvent d’un aïoli se déplaceront le vendredi midi, alors que la tête de veau, préparation qui demande maîtrise et temps, est servie le mardi.
La formule, par son prix et son contenu, se positionne comme une expérience complète : elle associe un menu traditionnel et généreux à un service sans chichis, qui mise sur la synchronisation et la qualité plutôt que sur l’extravagance.
En fin de compte, ce « restaurant antidémocratique » rappelle qu’en matière d’art de vivre, l’ordre choisi peut aussi être source de liberté : moins de tergiversations à table, plus d’attention au goût et aux conversations. Une leçon de convivialité — et une adresse à retenir pour ceux qui apprécient les repas qui rassemblent.