La combinaison de la pandémie, des conflits et des tensions commerciales a poussé de nombreux États à repenser leurs chaînes de production. Dans ce contexte, la high-tech israélienne apparaît comme un acteur bien placé pour répondre aux besoins de relocalisation et de sécurisation des approvisionnements, grâce à des compétences fortes dans l’intelligence artificielle, la robotique, la cybersécurité et les systèmes autonomes.
Un positionnement technologique adapté à la « relocalisation »
Les ruptures récentes des chaînes logistiques ont montré la vulnérabilité des modèles de production dispersés. Pour maintenir la compétitivité lorsque la production est rapprochée — donc potentiellement confrontée à des coûts salariaux plus élevés — les entreprises recourent massivement à l’automatisation et aux technologies d’optimisation.
Plusieurs start-ups et fournisseurs israéliens se sont d’ores et déjà positionnés sur ces segments : Cybord propose des outils d’IA permettant de détecter, directement en ligne d’assemblage, des composants électroniques défectueux ou suspects ; Matics commercialise des solutions d’optimisation en temps réel pour le fonctionnement des usines ; CaPow développe des systèmes d’alimentation continue pour robots en entrepôts et centres logistiques. Ces technologies répondent directement aux enjeux posés par la relocalisation industrielle.
Des chiffres révélateurs dans le secteur de la défense
Le cas de l’armement illustre l’ampleur du mouvement. Les exportations militaires israéliennes ont atteint 19,2 milliards de dollars en 2025, soit une progression d’environ 30 % sur un an et un niveau supérieur à plus du double de celui observé cinq ans plus tôt. La clientèle s’élargit : l’Europe représente 36 % des contrats, devant la zone Asie-Pacifique à 32 %.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Exportations militaires (2025) | 19,2 milliards $ |
| Variation annuelle | +30 % |
| Part de l’Europe | 36 % |
| Part Asie-Pacifique | 32 % |
Conséquences pour les entreprises et les ménages
Pour les acteurs belges — entreprises industrielles, PME et fournisseurs de services — cette dynamique comporte des implications concrètes. La relocalisation implique :
- une demande accrue pour des solutions d’automatisation et d’optimisation des usines, ouvrant des opportunités commerciales pour les éditeurs de logiciels et intégrateurs;
- des besoins renforcés en cybersécurité et en protection des chaînes d’approvisionnement, secteurs où Israël dispose d’une expertise reconnue;
- une possible pression sur l’emploi industriel si l’automatisation remplace des tâches peu qualifiées, mais aussi la création d’emplois plus qualifiés autour de la maintenance, de la programmation et de la gestion des systèmes automatisés.
Les décisions des donneurs d’ordre européens en matière d’achats et de localisation d’usines influenceront la nature et l’intensité de ces effets. Les entreprises belges devront évaluer si elles préfèrent internaliser des compétences technologiques ou s’appuyer sur des fournisseurs externes, y compris étrangers, pour accélérer des programmes d’automatisation.
Un marché élargi au-delà des États-Unis
Si le marché américain reste important pour la high-tech israélienne, l’intérêt n’est plus exclusif. Des pays comme l’Inde, le Japon, plusieurs pays d’Amérique latine et, surtout, l’Europe recherchent désormais à sécuriser leurs approvisionnements et à moderniser leurs industries. Cette diversification des marchés clients renforce la résilience commerciale des fournisseurs technologiques israéliens.
Au final, la tendance à la relocalisation devrait continuer de stimuler la demande pour des technologies capables de compenser les coûts salariaux par la productivité et la fiabilité. Pour les autorités et les chefs d’entreprise belges, le défi consiste à concilier souveraineté industrielle, compétitivité et insertion sociale dans un paysage où l’automatisation et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement deviennent des priorités stratégiques.