Monter régulièrement les escaliers est associé à une réduction notable du risque de décès par maladie cardiovasculaire, selon une vaste revue de la littérature conduite par des chercheurs britanniques. En analysant près de 1 900 études et les données de plus de 480 000 participants suivis en moyenne 14 ans, les auteurs mettent en évidence des bénéfices importants, tant pour la santé cardiaque que pour la mortalité globale.
Des chiffres significatifs
La synthèse rapporte une diminution de 39 % du risque de décès lié à une maladie cardiovasculaire (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, insuffisance cardiaque, etc.) chez les personnes qui montent régulièrement les escaliers, comparées à celles qui les prennent peu ou pas du tout. Le risque de mortalité toutes causes confondues est, lui, réduit de 24 %.
« Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de décès dans le monde, avec un nombre de cas ayant presque doublé entre 1990 et 2019. »
Les participants inclus dans l’analyse avaient entre 35 et 84 ans et comprenaient aussi bien des individus en bonne santé que des personnes ayant déjà présenté des problèmes cardiaques. Ces éléments renforcent la pertinence des conclusions pour une large partie de la population adulte.
Pourquoi les escaliers font-ils la différence ?
Plusieurs mécanismes expliquent l’effet protecteur observé. Des recherches antérieures montrent que la montée d’escaliers, même quelques minutes répétées plusieurs fois par semaine, peut :
- améliorer la capacité cardiorespiratoire,
- faire baisser le cholestérol LDL (« mauvais » cholestérol),
- constituer une activité physique simple à intégrer au quotidien, sans équipement ni abonnement.
Parmi les études incluses dans la méta-analyse, une grande cohorte suggère qu’un volume d’environ six étages par jour pourrait offrir le bénéfice maximal observé. Les auteurs notent également un effet dose‑réponse dans certains travaux : plus on monte d’étages, plus les bénéfices paraissent importants. Toutefois, ils insistent sur le fait que même de petits changements ont un impact mesurable.
Un geste simple, accessible à beaucoup
Les chercheurs soulignent l’intérêt particulier de la montée d’escaliers pour les personnes qui manquent de temps ou qui n’ont pas facilement accès à une salle de sport. Contrairement à un entraînement structuré, cet effort peut être intégré « à la maison, au travail ou lors de vos déplacements » et représente une option de prévention primaire à faible coût.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Études passées en revue | ~1 900 |
| Participants | > 480 000 |
| Durée moyenne de suivi | 14 ans |
| Réduction du risque cardiovasculaire | 39 % |
| Réduction de la mortalité toutes causes | 24 % |
Limites et perspectives
Les auteurs rappellent cependant que la prévention des maladies cardiovasculaires repose sur un ensemble de facteurs : activité physique régulière, alimentation équilibrée, arrêt du tabac, contrôle des facteurs de risque (hypertension, diabète, cholestérol). La montée d’escaliers apparaît comme une mesure complémentaire, facilement mobilisable au niveau individuel.
Enfin, même si la revue compile un grand nombre d’études, la qualité et l’hétérogénéité des travaux inclus peuvent varier ; certaines conclusions proviennent d’analyses observationnelles, qui ne permettent pas d’établir de relation de cause à effet définitive. Néanmoins, la convergence des résultats autour d’une réduction substantielle du risque plaide en faveur de recommandations simples : intégrer davantage de marche et de montées d’escaliers dans la vie quotidienne peut contribuer à la prévention cardiovasculaire.
Les autorités sanitaires nationales et locales, ainsi que les employeurs et gestionnaires d’immeubles, peuvent tirer parti de ces données pour encourager des environnements favorisant l’usage des escaliers (signalisation, accès sécurisé, promotion d’infrastructures). Pour le citoyen, l’avantage est clair : un petit geste, répété chaque jour, peut avoir un impact significatif sur la santé à long terme.