Une étude nationale et un atelier organisé le 18 août au ministère de l’Éducation nationale, à Anosy, ont mis en évidence la persistance d’un déficit de représentativité féminine dans les filières scientifiques et numériques à Madagascar. Les données citées montrent que, en 2020, les filles ne comptaient que 17 % des effectifs en Mathématiques et Informatique à la Faculté des Sciences de l’université d’Antananarivo, contre 63 % à la Faculté des Lettres, soulignant un déséquilibre important dans l’orientation scolaire.
Des causes multiples, identifiées par une enquête
Menée entre février et avril 2025, l’étude « pré‑facto » présentée lors de l’atelier visait à identifier les facteurs qui influencent l’accès, la persévérance et la réussite des filles dans les domaines des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STIM) ainsi que dans le numérique. Les conclusions mettent en avant plusieurs entraves :
- des stéréotypes de genre et des pratiques sexistes déjà présents dans la famille et au sein de l’école ;
- des choix d’orientation précoces qui orientent davantage les filles vers les humanités ;
- des difficultés d’accès et de continuité des études particulièrement marquées dans les zones rurales et défavorisées.
Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité d’adapter les pratiques pédagogiques et d’agir en amont, dès l’orientation scolaire, pour contrer ces déterminants sociaux et culturels.
Des ressources numériques testées en milieu scolaire
Parmi les instruments présentés figure Zah’Ai, une solution numérique conçue pour être accessible sur téléphone, tablette ou ordinateur, fonctionnant avec ou sans connexion Internet. Destinée aux classes de Seconde et de Première, elle propose notamment des ressources sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage autonome à l’intention des élèves et de leurs enseignants.
Le dispositif sera expérimenté dans des lycées pilotes situés dans trois régions : Analamanga, Amoron’i Mania et Diana. Les responsables de l’atelier ont présenté Zah’Ai comme un outil d’appui pédagogique susceptible d’améliorer l’accès à des contenus STEM et numériques, même dans des contextes de faible connectivité.
Vers quels impacts pour l’enseignement et l’orientation ?
Les organisateurs espèrent que les résultats de l’étude permettront d’orienter des mesures concrètes pour réduire les écarts de genre : adaptation des pratiques en classe, renforcement des ressources pour les enseignantes et enseignants, actions ciblées dans les zones défavorisées et campagnes de sensibilisation pour déconstruire les stéréotypes.
La mise en place d’outils comme Zah’Ai répond à un double impératif : rendre plus accessibles des contenus techniques et offrir des parcours pédagogiques modulables qui tiennent compte des réalités d’équipement. Les premières phases pilotes devront toutefois être évaluées rigoureusement afin de mesurer leur effet réel sur l’orientation et la persistance scolaire des filles en STIM.
Quelques chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Part des filles en Mathématiques et Informatique (Faculté des Sciences, Antananarivo, 2020) | 17 % |
| Part des filles à la Faculté des Lettres (Antananarivo, 2020) | 63 % |
La mobilisation autour de ces données témoigne d’une prise de conscience : assurer une meilleure représentation féminine dans les STIM nécessite des interventions combinant politique éducative, ressources pédagogiques appropriées et initiatives locales adaptées aux contraintes territoriales.