La facture de la rentrée scolaire dans l’enseignement secondaire continue de gonfler, principalement en raison d’une utilisation accrue des outils numériques en classe. Ordinateurs portables, licences logicielles et autres périphériques s’imposent désormais comme des dépenses récurrentes pour de nombreuses familles, alerte la Ligue des familles.
Un besoin devenu structurel depuis la pandémie
Si l’ordinateur est devenu indispensable lors des fermetures d’écoles provoquées par la crise du Covid‑19, son usage ne s’est pas estompé avec le retour en présentiel. « Il y a des écoles qui, davantage qu’avant, font des apprentissages sur l’ordinateur. Elles demandent donc aux élèves d’apporter leur ordinateur en cours », explique Merlin Gevers, chargé d’études à la Ligue des familles.
« Il y a des écoles qui, davantage qu’avant, font des apprentissages sur l’ordinateur. Elles demandent donc aux élèves d’apporter leur ordinateur en cours. » — Merlin Gevers, Ligue des familles
Au‑delà de l’équipement, l’évolution des programmes et du tronc commun entraîne un élargissement des compétences numériques attendues: apprentissage du codage et intégration d’outils d’intelligence artificielle dans certains cours, ce qui nécessite souvent des licences et du matériel spécifiques.
Un dispositif d’aide peu utilisé sur le terrain
La Fédération Wallonie‑Bruxelles prévoit un bon d’achat de 150 € par élève destiné à réduire le coût du matériel scolaire numérique. Pour pouvoir en bénéficier, les écoles doivent toutefois mettre en place une centrale d’achat groupé. Sur le terrain, ce mécanisme reste marginalement activé, alors que de nombreuses écoles continuent de demander aux familles l’achat d’équipements.
Conséquence: pour certaines familles, la rentrée dans l’enseignement qualifiant peut avoisiner le millier d’euros, lorsqu’on cumule frais pédagogiques, matériel et autres fournitures. La Ligue des familles réclame une révision et une simplification du dispositif afin qu’il atteigne réellement sa cible et allège la charge financière des parents.
- Ordinateurs portables ou tablettes exigés par l’école;
- Licences logicielles (applications pédagogiques, suites bureautiques, plateformes d’apprentissage);
- Périphériques et accessoires (souris, housse, casque);
- Formations et maintenance éventuelle.
Un risque de creusement des inégalités
La multiplication des demandes d’équipement par les écoles risque d’accentuer les inégalités entre les familles selon leurs revenus. Sans mécanisme de mutualisation effectif ou d’intervention ciblée, celles qui rencontrent des difficultés financières pourraient se voir exclues d’activités pédagogiques reposant sur du matériel que leurs enfants ne possèdent pas.
La Ligue des familles suggère de repenser le système existant pour garantir un accès équitable: encourager ou rendre obligatoire la centrale d’achat groupé, prévoir des prêts d’équipement via les établissements ou renforcer le parc informatique collectif dans les écoles. Tant que le dispositif prévu par la Fédération Wallonie‑Bruxelles restera peu utilisé, il continuera de jouer un rôle limité dans l’apaisement des coûts de rentrée.
| Élément | Montant / remarque |
|---|---|
| Bon d’achat fédération | 150 € par élève |
| Coût possible d’une rentrée (enseignement qualifiant) | Jusqu’à ~1 000 €, selon la Ligue des familles |
À court terme, la question se pose donc en termes pratiques: comment harmoniser l’usage du numérique en classe tout en évitant que la transition ne se traduise par une pression financière supplémentaire sur les ménages? Les réponses demanderont coordination entre autorités, établissements et associations de parents, pour éviter que la digitalisation de l’enseignement ne laisse certaines familles au bord du chemin.