Une étude publiée en juillet par Axa Global Healthcare montre que les cadres français à hauts revenus multiplient les dépenses pour allonger leur « espérance de vie en bonne santé », une dynamique qui entraîne les assureurs santé à renforcer les garanties internationales et l’accès aux soins transfrontaliers.
Des investissements élevés dans la « longévité »
Selon l’étude, les répondants désignés comme cadres aisés consacrent en moyenne 11 100 € par an à des soins et services liés à la longévité. Une minorité significative dénote des investissements beaucoup plus importants : 3 % des personnes interrogées déclarent ainsi dépenser plus de 116 000 € par an.
Ces dépenses couvrent un large spectre d’interventions et de services, qui vont de la remise en forme et des objets connectés aux bilans de dépistage personnalisés, en passant par la nutrition et la prise en charge de la santé mentale.
Une mobilité sanitaire accrue
Les cadres aisés n’hésitent pas à franchir les frontières pour accéder à des soins jugés supérieurs ou plus rapides. L’étude identifie plusieurs motifs invoqués :
- 41 % ont déjà voyagé à l’étranger pour des soins liés à la longévité ;
- 37 % envisagent de le faire ;
- Qualité perçue des soins (31 %), coût parfois plus faible (30 %), accès à des technologies avancées (27 %), délais d’attente plus courts (26 %) et spécialistes reconnus (22 %).
« 41 % ont déjà voyagé à l’étranger pour accéder à des soins liés à la longévité et 37 % envisagent de le faire. »
Cette mobilité impose aux acteurs de l’assurance une adaptation : proposer des réseaux de soins internationaux, des garanties de rapatriement, ou encore des parcours coordonnés pour accéder rapidement à des spécialistes et à des traitements émergents.
Conséquences pour les assureurs et les assurés
Face à ces attentes, les assureurs internationaux développent des produits plus modulables et des couvertures renforcées à l’étranger. L’étude indique que 90 % des personnes interrogées ont déjà investi dans des traitements ou services liés à la longévité au cours des douze derniers mois, et que 72 % prévoient d’augmenter ces dépenses dans les trois prochaines années.
Ce constat pose des questions pratiques et éthiques pour les systèmes de santé et les assureurs :
- Comment garantir la qualité et la sécurité des soins obtenus à l’étranger ?
- Quel rôle pour les régulateurs et pour les traditionnelles assurances complémentaires nationales ?
- Comment concilier inégalités d’accès (les sommes engagées restent élevées) et logique de protection sociale ?
Dans l’ensemble des pays étudiés, les répondants français se montrent particulièrement optimistes : ils estiment que les investissements consacrés à la longévité pourraient leur apporter en moyenne 7,1 années supplémentaires de vie en bonne santé.
Vers une offre d’assurance plus internationale et personnalisée
Pour les assureurs, la piste est claire : il faut développer des solutions facilitant l’accès aux centres d’excellence à l’étranger, intégrer la télémédecine, proposer des parcours de prévention proactifs et des services de conciergerie médicale. Ce mouvement concerne d’abord le segment premium, mais il peut aussi avoir des effets indirects sur les produits grand public, en poussant vers davantage de prévention et de digitalisation des parcours de soin.
En Belgique, comme ailleurs, les assureurs et les autorités sanitaires suivront ces évolutions. Elles questionnent la manière dont les systèmes de couverture sociale et les complémentaires pourront encadrer et cohabiter avec une demande croissante de soins transfrontaliers et de services de longévité financés sur fonds propres.
Les chiffres publiés par Axa Global Healthcare dessinent un marché en mutation, où la recherche de longévité stimule la mobilité sanitaire et pousse l’assurance à repenser son offre au‑delà des frontières.