La première estimation du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) montre une croissance du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse de +1,5% au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, a annoncé vendredi l'institution. Le résultat dépasse nettement les attentes des économistes, qui tablaient sur une progression comprise entre +0,2% et +0,4%.
Des secteurs industriels moteurs
La progression trimestrielle a été largement portée par le secteur industriel, avec une contribution marquée des filières de la chimie et de la pharmacie. Le domaine des services a également enregistré une croissance, selon le Seco, sans que le communiqué ne livre pour l'instant de ventilation plus détaillée des composantes sectorielles.
- PIB (T2 vs T1) : +1,5% (estimation Seco)
- Prévisions des économistes : +0,2% à +0,4%
- Publication détaillée : données complémentaires attendues le 3 septembre
« Cela représente une sorte de correction après les trimestres faibles de l'année dernière. Globalement, on observe un effet de rattrapage »,
ont commenté Felicitas Kemeny, cheffe du secteur Conjoncture à la Direction de la politique économique du Seco, et Philipp Wegmüller, chef suppléant du même secteur, contactés par l'agence AWP. Cette lecture suggère que la hausse traduit en partie un retour à des niveaux d'activité plus proches de la normale après une période de faiblesse.
Surprise des instituts et facteurs temporaires
L'institut BAK Economics s'est dit surpris par l'ampleur du rebond. L'économiste Alexis Bill-Körber a reconnu anticiper une accélération au deuxième trimestre, mais pas au niveau observé. Selon lui, l'évolution est « très positive » pour la perspective de l'ensemble de l'année 2026, tout en soulignant des éléments d'explication qui tiennent davantage à des facteurs ponctuels qu'à une tendance structurelle :
- L'apaisement d'un différend douanier entre la Suisse et les États-Unis, qui a pu débloquer des échanges commerciaux ;
- une forte volatilité dans les secteurs de la pharma et du commerce des matières premières, susceptible de générer des variations importantes d'un trimestre sur l'autre.
Pour BAK Economics, ces éléments de volatilité peuvent produire des « surprises » tant positives que négatives. L'institut bâlois reste prudent : il n'anticipe pas nécessairement la poursuite d'un tel effet de rattrapage et avertit qu'une correction est possible si la hausse observée s'avère partiellement conjoncturelle.
| Elément | Observation |
|---|---|
| Croissance T2 | +1,5% (Seco) |
| Prévisions d'experts | +0,2% à +0,4% |
| Publication détaillée | 3 septembre |
Conséquences et lecture pour la zone euro et la Belgique
Si le rebond suisse est en partie lié à des facteurs idiosyncratiques (litige commercial, pics de volatilité dans la pharma et les matières premières), il peut néanmoins peser sur la confiance régionale et les marchés financiers. Pour les entreprises et banques belges actives avec la Suisse ou exposées aux mêmes segments — pharmacie, chimie, négoce de matières premières —, ces mouvements trimestriels rappellent l'importance de suivre la volatilité sectorielle et les risques de corrections brutales.
Enfin, la diffusion de données plus fines le 3 septembre permettra d'affiner l'analyse : il faudra vérifier si la progression est largement concentrée sur quelques segments exportateurs et sur des opérations exceptionnelles, ou si elle traduit un redressement plus répandu de la demande domestique et des investissements.
Au vu des éléments disponibles, les analystes appellent à la prudence : une forte croissance trimestrielle après plusieurs trimestres faibles peut signifier un rattrapage ponctuel plutôt qu'un changement de cycle pérenne.