Le Niger enregistre une montée en puissance du pétrole : les revenus directs issus de l’activité pétrolière ont presque doublé entre 2024 et 2025, portant une part nouvelle dans le budget de l’État et suscitant des perspectives d’extension de la production après la relance d’un important projet à la frontière algérienne.
Des recettes publiques qui s’envolent
Selon les chiffres communiqués par le ministre nigérien du Pétrole, les recettes versées au Trésor ont atteint 453,8 milliards de FCFA en 2025, contre 224 milliards en 2024. Cette progression significative reflète à la fois une montée de la production et des exportations, ainsi qu’une structuration accrue des flux financiers tirés de l’activité pétrolière.
Au 28 mai 2026, le Niger avait déjà expédié 50,3 millions de barils répartis sur 51 cargaisons. La part revenant à l’État, estimée à 25,36 %, correspondait à environ 12,9 millions de barils et à près de 950 millions de dollars de recettes pour la période considérée.
Remboursement d’avances et autonomie financière
Le gouvernement met en avant un signe de consolidation financière : la restitution, dès mars 2026, d’une avance de 400 millions de dollars accordée par un partenaire chinois pour soutenir le développement du secteur. Ce remboursement est présenté comme un indicateur de l’amélioration des flux de trésorerie liés à l’exploitation pétrolière.
Production actuelle et ambitions
La production nigérienne est pour l’heure concentrée sur le bassin d’Agadem, exploité par la China National Petroleum Corporation (CNPC). Le gouvernement vise une production stabilisée autour de 110 000 barils par jour, dont une large part devrait être exportée, augmentant d’autant les recettes en devises.
Le projet Kafra : potentiel et relance par Sonatrach
Un autre pilier susceptible de modifier l’échelle de la production est le bloc de Kafra, situé dans le nord du pays, près de la frontière algérienne. Les réserves prouvées exploitées y sont actuellement estimées à environ 853 millions de barils. À cela s’ajoutent des ressources potentielles importantes : le bassin de Kafra est évalué à près de 2,7 milliards de barils de ressources potentielles.
Le redémarrage des activités sur Kafra est lié à l’entrée en jeu du groupe public algérien Sonatrach. À travers sa filiale internationale SIPEX, Sonatrach est maintenant opérateur du bloc, en association avec la Société nigérienne du pétrole, SONIDEP. Après des forages réalisés en 2018 et 2019 qui avaient identifié plus de 260 millions de barils sur certains puits, une campagne de forage a été relancée début 2026 pour mieux évaluer le gisement.
- 2025 : 453,8 milliards de FCFA de recettes pétrolières pour l’État.
- 28 mai 2026 : 50,3 millions de barils exportés (51 cargaisons).
- Part de l’État : 25,36 %, soit ~12,9 millions de barils ≈ 950 millions de dollars.
- Kafra : 853 millions de barils prouvés + ~2,7 milliards de barils de ressources potentielles.
| Période / élément | Chiffres |
|---|---|
| Recettes pétrolières 2024 | 224 milliards FCFA |
| Recettes pétrolières 2025 | 453,8 milliards FCFA |
| Exportations (au 28/05/2026) | 50,3 millions de barils |
| Part de l’État | 25,36 % (≈12,9 millions de barils) |
| Recettes estimées liées à la part de l’État | ~950 millions $ |
Conséquences et enjeux
La transformation du secteur pétrolier nigérien a des implications multiples. À court terme, l’afflux de devises et l’amélioration des recettes publiques offrent des marges de manœuvre budgétaires pour l’État. Le remboursement anticipé de l’avance chinoise témoigne d’une capacité à générer des liquidités nouvelles.
À moyen terme, l’exploitation de Kafra — si les forages confirment de larges réserves exploitables — pourrait accroître significativement la production et les revenus. Cela soulève toutefois plusieurs enjeux : la gestion des recettes publiques, la diversification économique pour éviter la dépendance au pétrole, ainsi que les impacts environnementaux et sociaux liés aux nouvelles exploitations.
Enfin, l’arrivée d’un acteur comme Sonatrach renforce la coopération régionale en matière d’hydrocarbures et modifie la cartographie des partenaires techniques et financiers du Niger. Pour les marchés et les gouvernements de la région, le développement pétrolier nigérien mérite désormais une attention accrue.
Pour les ménages et les petites entreprises nigériennes, la traduction concrète de ce boom pétrolier dépendra des politiques publiques mises en œuvre : investissements en infrastructures, emploi local dans les chantiers d’exploitation, et utilisation transparente des recettes pour les services publics.