Le détroit d'Ormuz «restera iranien». Téhéran l'a martelé samedi, réagissant aux propos du président américain Donald Trump selon lesquels ce passage stratégique pourrait devenir, une fois l'Iran «battu», «un territoire des États‑Unis». Ces échanges interviennent alors que le conflit entre l'Iran et les États‑Unis, déclenché fin février, dure depuis plus de cinq mois et a fait «des milliers de morts», selon les éléments publiés.
Un passage stratégique au cœur d'une crise prolongée
Le détroit d'Ormuz est une des voies maritimes essentielles pour le transport des hydrocarbures mondiaux. Sa fermeture partielle ou totale avait déjà provoqué, après l'attaque américano‑israélienne contre la République islamique fin février et la riposte iranienne contre des pays alliés des États‑Unis, une envolée des prix du pétrole. Les États‑Unis ont parallèlement imposé un blocus aux ports iraniens, accentuant la pression sur Téhéran.
Des déclarations qui enflamment le verbe mais pas les faits
Donald Trump, lors d'un meeting à Garden City, près de New York, a déclaré en plaisantant — selon un haut responsable de la Maison‑Blanche cité par Brian Schwartz du Wall Street Journal — qu'il «déclarerait le détroit d'Ormuz comme étant un territoire des États‑Unis» après la défaite de l'Iran. La Maison‑Blanche et des journalistes estiment que ces propos relevaient d'une tournure familière du président; ils n'ont pour l'heure pas modifié la posture officielle des autorités américaines.
«Le détroit d'Ormuz a été iranien, est iranien et restera iranien. Ce détroit ne sera ouvert et fermé que sur ordre de l'Iran»
Sur le réseau X, le vice‑ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a qualifié d'«mensonge» l'affirmation selon laquelle les États‑Unis détiennent le contrôle du détroit, et a ajouté qu'il ne se laisserait pas intimider «par un tweet ou un porte‑avions, ni par un décret présidentiel, ni par un discours de campagne électorale».
Conséquences pour les marchés énergétiques et les consommateurs
La fermeture effective d'Ormuz ou des tensions persistantes autour du passage se traduisent automatiquement par une augmentation de la prime de risque sur les marchés pétroliers: déjà, après les premières frappes et la riposte iranienne, les cours du pétrole ont grimpé. Un passage verrouillé signifie pour les importateurs mondiaux des coûts logistiques supérieurs, des délais et, à terme, des prix à la pompe plus élevés.
Pour les ménages et les indépendants en Belgique, cela peut se traduire par:
- une hausse du prix de l'essence et du diesel, répercutée rapidement sur les stations‑service ;
- une possible augmentation des coûts de transport et des matières premières pour les entreprises dépendant du pétrole ;
- une pression supplémentaire sur l'inflation globale, déjà sensible pour certains postes de dépense.
La source rapporte également que Donald Trump a affirmé que l'Iran «ne l'aurait jamais» l'arme nucléaire, un argument ayant servi de justification à l'attaque américaine fin février — tandis que les autorités iraniennes nient viser l'armement nucléaire et défendent leur droit au nucléaire civil.
État des lieux et scénarios possibles
Selon les informations disponibles, la situation reste figée sur plusieurs points clé:
| Élément | Constat |
|---|---|
| Durée du conflit | Plus de cinq mois |
| Bilan humain | Des milliers de morts |
| Statut d'Ormuz | Contradictions verbales: revendication iranienne ferme, déclarations américaines provocatrices |
Sans évolution diplomatique majeure, les marchés continueront à intégrer un risque géopolitique élevé lié à la sécurité des approvisionnements pétroliers. Les gouvernements et entreprises européens suivront de près l'évolution des déclarations et des mouvements navals dans la région, car un durcissement pourrait nécessiter des mesures d'urgence pour assurer la continuité des livraisons d'énergie.
En l'état, les propos récents alimentent l'incertitude: d'un côté, une posture américaine qui mêle menace et tonalité électorale; de l'autre, un rejet catégorique de toute cession de souveraineté de la part de Téhéran. Entre ces positions, les acteurs économiques doivent anticiper des chocs à court terme sur les prix, sans perdre de vue l'impact humanitaire et stratégique d'un conflit qui a déjà fait largement sentir ses effets.