La place du liquide dans l'économie belge se réduit : selon une récente étude de la Banque centrale européenne (BCE), 81 % des petites et moyennes entreprises (PME) belges acceptent encore le paiement en espèces, contre 91 % il y a deux ans. Ce taux place la Belgique parmi les pays européens où l'acceptation du cash est la plus faible, juste au-dessus de Chypre (76 %).
Un recul marqué malgré un contexte européen stable
À l'échelle de l'Union, le taux moyen d'acceptation du liquide se situe à 92 %, en légère hausse par rapport aux 90 % de 2024. La Belgique diverge donc de la tendance générale : le recours au cash y diminue sensiblement au sein des PME, tandis que d'autres pays, comme la Grèce, affichent des niveaux très élevés d'acceptation (99 %).
Cartes et mobile : le paysage des paiements évolue
La BCE note également des évolutions dans les autres modes de paiement. Les cartes bancaires sont acceptées par 88 % des PME au plan européen, tandis que le paiement mobile progresse fortement, à 68 %, contre 36 % il y a deux ans. Cette montée en puissance du paiement mobile reflète une transformation rapide des habitudes côté commerçants et consommateurs.
| Mode de paiement | Taux d'acceptation (Europe) |
|---|---|
| Espèces | 92 % (moyenne UE) |
| Cartes bancaires | 88 % |
| Paiement mobile | 68 % (en forte hausse) |
Quels secteurs acceptent le plus le liquide ?
Selon l'étude, les secteurs de l'horeca et du commerce de détail restent les plus enclins à accepter les espèces, avec un taux d'acceptation moyen de 93 %. En Belgique toutefois, la proportion de bars et restaurants qui acceptent encore pièces et billets tombe à 80 %, l'un des taux les plus faibles observés, seulement devancée par certains commerces horeca aux Pays-Bas.
- Acceptation du cash en Belgique : 81 % des PME (contre 91 % il y a deux ans).
- Taux moyen UE pour le liquide : 92 %.
- Paiement mobile en forte hausse : 68 % (vs 36 % il y a deux ans).
Motivations et risques avancés par les commerçants
Parmi les PME belges qui ont renoncé au cash, les motifs évoqués sont principalement pratiques et sécuritaires : difficulté à effectuer des retraits ou des dépôts auprès des banques, et préoccupations liées au risque sur la sécurité. Ces obstacles logistiques pèsent dans la décision des exploitants, en particulier pour de petites structures disposant de moins de moyens pour gérer des flux monétaires importants.
La diminution de l'usage du cash soulève aussi des questions d'inclusion financière et d'accessibilité pour des clients peu bancarisés ou réticents aux paiements électroniques. Le débat sur l'équilibre entre innovation des moyens de paiement et préservation d'un accès universel au commerce reste d'actualité, alors que la numérisation s'accélère.
Sur le plan européen, l'écart entre pays met en lumière des réalités nationales différentes : infrastructures bancaires, comportement des consommateurs, politique des commerçants et cadre réglementaire influencent fortement le choix entre liquide et électronique. Pour les pouvoirs publics comme pour les acteurs économiques, la transition vers des paiements davantage dématérialisés pose des défis opérationnels et sociaux qu'il faudra accompagner.
La question reste d'importance pour le tissu des PME belges : la baisse de l'acceptation du cash ne reflète pas seulement une préférence technologique mais aussi des contraintes pratiques et des préoccupations sécuritaires qui conditionnent la relation quotidienne entre commerçants et clients.