La Banque de France prévoit une croissance de 0,2 % du produit intérieur brut français pour le troisième trimestre, selon une enquête publiée mardi. Si ce chiffre témoigne d'un maintien de l'activité au même rythme qu'au trimestre précédent, l'établissement avertit que plusieurs aléas pourraient remettre en cause cette projection.
Un trimestre soutenu par les services mais fragile
L'enquête s'appuie sur les réponses de 8 500 dirigeants d'entreprise. Elle met en lumière un léger dynamisme dans les services marchands, secteur qui contribue à soutenir la croissance. Dans le même temps, l'industrie continue de progresser mais à un rythme ralenti, inférieur aux attentes des chefs d'entreprise.
- Services : la réparation automobile et l'hébergement tirent parti de la saison touristique ; la restauration et les loisirs restent pénalisés.
- Industrie : activité en hausse en juillet mais freinée par des tensions d'approvisionnement et un recul ponctuel dans l'aéronautique.
- Distribution : l'habillement-textile a souffert de ventes faibles lors des soldes d'été.
Investissements et dynamiques sectorielles
La Banque de France note cependant des investissements soutenus dans plusieurs segments, notamment la technologie, l'énergie et le secteur de la défense. Les équipements électriques profitent en particulier du développement des centres de données et de l'électrification des infrastructures, ce qui constitue une poche de résistance dans l'industrie.
| Source | Prévision de croissance T3 |
|---|---|
| Banque de France | +0,2 % |
| Insee (prévision de juin) | +0,1 % |
Risques climatiques, hydriques et géopolitiques
La Banque de France souligne que sa prévision reste «
sujette à une incertitude importante». Parmi les principaux risques figurent de nouvelles vagues de chaleur qui pèsent déjà sur l'économie via la sécheresse : début août, environ deux tiers des nappes phréatiques affichaient des niveaux inférieurs aux normales saisonnières en France. Cette situation peut peser sur l'agriculture, limiter la production industrielle dépendante d'eau et contraindre certains usages énergétiques.
L'institution évoque aussi d'autres aléas : la situation au Moyen-Orient, susceptible d'affecter les prix de l'énergie et les chaînes d'approvisionnement, ainsi que le manque de données disponibles à mi‑trimestre, qui rend les évaluations plus sensibles aux chocs de dernière minute.
Ce que cela signifie pour les ménages et les entreprises
Pour les ménages, une croissance limitée aux alentours de 0,1–0,2 % laisse présager une inflation et des salaires sous pression, avec peu d'espace pour un rebond rapide du pouvoir d'achat. Pour les entreprises belges commerçant avec la France, une demande domestique atone dans les secteurs du commerce de détail et des loisirs pourrait se traduire par une baisse de la consommation transfrontalière pendant la période estivale.
Du côté des entreprises industrielles, la persistance de tensions sur les approvisionnements et les aléas climatiques impose de renforcer les plans de continuité : diversification des fournisseurs, adaptation des calendriers de production et investissements dans des équipements moins vulnérables aux stress hydriques sont des pistes évoquées par les acteurs interrogés.
Au final, la prévision de la Banque de France illustre une économie qui avance, mais sur un fil : la trajectoire affichée pour le troisième trimestre reste fragile et dépendra autant de la météo que des évolutions géopolitiques et des rythmes d'investissement.