Le président indonésien a déclaré vendredi son intention de réduire drastiquement le nombre d'entreprises publiques du pays : sur 1.074 sociétés recensées, il prévoit d'en fermer plus de 750 d'ici le 31 décembre 2026, ne conservant que les entités jugées « productives » et créatrices de valeur pour la population.
Un inventaire imposé par le fonds souverain
Cette annonce intervient après l'établissement du fonds souverain indonésien Danantara, chargé de gérer les actifs de l'État. Selon le chef de l'État, la création de ce véhicule a mis en lumière l'ampleur réelle du parc public : « Je pensais qu'il y en avait 300 ou 400, mais il s'avère qu'il y en a 1.074 », a-t-il affirmé devant le parlement.
« Il y a beaucoup trop d'entreprises publiques improductives, toujours en train d'annoncer des pertes tout en revendiquant des bénéfices. Ces bénéfices sont simplement inventés. »
Le président a par ailleurs indiqué qu'290 entreprises publiques avaient déjà été fermées à ce jour et que le processus de sélection visera à ne conserver que les structures présentant un rendement réel pour l'économie nationale.
Des économies mises en avant
La campagne de réduction du parc public est présentée par Jakarta comme une source d'économies importantes sur les coûts de fonctionnement. Le gouvernement avance un montant d'économies déjà réalisé d'environ 50.000 milliards de roupies — soit un peu plus de 2,4 milliards d'euros — lié à la réduction de dépenses telles que les rémunérations des dirigeants, la location de bâtiments et de véhicules ou encore les frais de déplacement professionnels.
L'objectif affiché pour l'année est encore plus élevé : le gouvernement vise à réaliser plus de 70.000 milliards de roupies d'économies. La stratégie s'accompagne, selon le président, de la création d'un tribunal spécial ad hoc chargé d'enquêter sur la gestion des entreprises publiques au cours des trente dernières années.
- Parc public recensé : 1.074 entreprises
- Déjà fermées : 290
- Objectif fin 2026 : ne conserver qu'environ 300 entités
- Économies déjà revendiquées : ~50.000 milliards de roupies (≈ 2,4 milliards €)
- But pour l'année : >70.000 milliards de roupies
Conséquences et points d'attention
Le gouvernement présente l'opération comme potentiellement « la plus vaste restructuration d'entreprises au monde ». Sur le plan budgétaire, la réduction du nombre d'entités publiques pourrait alléger les charges récurrentes de l'État et améliorer la transparence sur les actifs gérés par le secteur public. En parallèle, l'ouverture d'une procédure judiciaire spécialisée laissera entendre une volonté de mieux contrôler d'éventuels dysfonctionnements passés.
Cependant, plusieurs enjeux restent à suivre de près :
- l'impact social : la fermeture de centaines d'entités publiques pose la question des emplois concernés et des modalités de reclassement ou d'indemnisation ;
- la continuité des services : certaines entreprises publiques fournissent des services essentiels ou gèrent des infrastructures stratégiques dont la transition devra être pilotée ;
- le calendrier et la gouvernance : la mise en œuvre opérationnelle d'une telle réduction en moins d'un an exige des procédures claires et une évaluation des actifs fiable.
Pour l'heure, le gouvernement indonésien met l'accent sur la nécessité de ne conserver que les entreprises « productives » et créatrices de valeur ajoutée pour la population. Les annonces laissent entrevoir une politique de recentrage de l'État sur des activités opérationnelles clés et une volonté de réduire les coûts structurels.
Sur la scène internationale, une telle restructuration peut attirer l'attention des investisseurs et des partenaires économiques, qui suivront la manière dont Jakarta organise les cessions éventuelles, les privatisations ou les dissolutions. Les prochaines étapes — publication des critères de sélection, calendrier détaillé et modalités judiciaires des enquêtes — seront déterminantes pour évaluer la portée réelle de cette réforme.