Kaja Kallas, haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a réaffirmé mardi que l'ensemble des États membres de l'UE considèrent les colonies israéliennes en Cisjordanie comme illégales au regard du droit international. Sa prise de position intervient après l'annonce conjointe de onze pays européens et du Canada qui ont dit vouloir imposer des restrictions commerciales visant ces colonies.
Précisions et tonalité diplomatique
Dans un message publié sur le réseau social X, Kaja Kallas a mis en avant le lien entre l'extension des implantations et les perspectives d'une solution politique durable. Elle a estimé que la poursuite de l'expansion coloniale par le gouvernement israélien porte atteinte aux chances d'obtenir une « solution à deux États » viable.
« L'expansion des colonies par le gouvernement israélien en Cisjordanie compromet les perspectives d'une solution viable à deux États. »
La responsable européenne a également rappelé le rôle financier de l'Union sur le terrain : l'UE reste, selon elle, le plus grand donateur d'aide humanitaire à Gaza et en Cisjordanie. Elle a insisté sur l'engagement européen en faveur d'une paix « globale, juste et durable », fondée sur l'existence de deux États vivant côte à côte, « à l'intérieur de frontières sûres et reconnues ».
Qui soutient des mesures contre les colonies ?
La déclaration suivie par Kaja Kallas fait suite à l'annonce par onze États européens et le Canada de leur intention d'imposer des restrictions nationales sur le commerce avec les colonies israéliennes et/ou de soutenir des mesures au niveau européen. Ces pays ont exprimé leur préoccupation face à la situation en Cisjordanie, qu'ils jugent en rapide détérioration.
- Pays signataires : France, Royaume-Uni, Danemark, Espagne, Finlande, Irlande, Islande, Norvège, Pologne, Portugal et Suède.
- Partenaire extra-européen : Canada.
- Motifs avancés : hausse des violences commises par certains colons et expansion des colonies.
La déclaration conjointe souligne notamment l'opposition ferme à toute pratique aboutissant à l'annexion de terres palestiniennes ou au déplacement forcé de populations. Elle appelle aussi Israël à cesser l'extension des colonies et à mettre fin à l'exercice de compétences civiles administratives sur des territoires palestiniens, tout en demandant que les auteurs de violences commises par des colons soient poursuivis et que des enquêtes indépendantes soient menées.
Conséquences et limites
La prise de position de Kaja Kallas réaffirme la ligne diplomatique officielle de l'Union, déjà marquée par la reconnaissance répétée du statut illégal des implantations selon le droit international. En pratique, l'effet des annonces des onze pays et du Canada dépendra de la mise en œuvre concrète des restrictions — qu'elles restent nationales ou qu'elles débouchent sur une action européenne coordonnée — et des réponses politiques et juridiques d'Israël et des autres acteurs internationaux.
Pour les autorités européennes, la question humanitaire est liée à la perspective politique : l'UE se présente comme un contributeur majeur de l'aide sur le terrain et souhaite ancrer sa politique dans l'objectif d'un règlement fondé sur deux États. Reste à voir si ces gestes diplomatiques et économiques suffiront à infléchir les politiques sur le terrain ou à relancer un processus politique aujourd'hui fragile.
| Point | Contenu |
|---|---|
| Position de l'UE | Colonies considérées comme illégales au regard du droit international |
| Action annoncée | Restrictions commerciales par 11 pays européens + Canada |
| Objectif déclaré | Soutenir une solution à deux États, paix juste et durable |
Au-delà des mots, la portée réelle de ces positions dépendra des décisions politiques ultérieures au sein des États membres et des institutions européennes. Pour la Belgique, comme pour d'autres capitales de l'UE, il s'agira de concilier l'engagement humanitaire et diplomatique avec les contraintes du droit international et les équilibres géopolitiques régionaux.