Des documents juridiquement déposés et rendus publics dans le cadre d’un recours médiatique donnent un éclairage inédit sur les premières heures de l’enquête après la fusillade du 10 février à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique. L’ensemble, largement caviardé, révèle notamment une confusion initiale sur le nombre de tireurs et des démarches de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) visant à obtenir des données auprès d’une entreprise d’intelligence artificielle.
Une enquête marquée par des pistes contradictoires
Les pièces publiées, déposées dans le cadre d’un recours intenté par un consortium de médias incluant La Presse Canadienne, comprennent plusieurs dénonciations utilisées pour solliciter des mandats de perquisition. Elles montrent que, dans les premiers instants, la GRC avait reçu des renseignements donnant différents noms et identités, ce qui a conduit les enquêteurs à envisager la présence de deux assaillants à l’école secondaire de Tumbler Ridge.
Ces éléments sont liés à la manière dont la jeune auteure de l’attaque s’identifiait : elle se présentait comme une personne trans. Les constats effectués sur place — tant à l’établissement scolaire qu’au domicile familial — ont ensuite permis d’éclairer la chronologie et l’ampleur du drame.
Détails de la scène de crime au domicile
Les documents décrivent la découverte de deux corps au domicile de la tireuse, ceux de sa mère et de son frère. Les corps ont été retrouvés à proximité de douilles de fusil de chasse dispersées sur le sol et d’un fusil de chasse vide.
| Lieu | Victimes recensées |
|---|---|
| Domicile de la tireuse | Sa mère et son frère |
| École secondaire de Tumbler Ridge | Cinq élèves et une aide-éducatrice |
Interrogations sur les armes et demandes d’accès aux données
Des passages essentiels ont été expurgés des documents, notamment ceux décrivant les armes utilisées lors des attaques. Ces suppressions ont suscité des critiques de la part du groupe de contrôle des armes à feu PolySeSouvient, qui a estimé que la population avait le droit de connaître l’origine et la nature des armes impliquées.
Par ailleurs, une dénonciation datée de mars précise que la société d’intelligence artificielle OpenAI n’était pas elle-même la cible d’une enquête pénale relative à la tuerie. Toutefois, la GRC avait sollicité une ordonnance pour obtenir des informations liées aux comptes ChatGPT appartenant à la suspecte, démarche explicitée dans les pièces.
Conséquences et portée médiatique
La tragédie, qui a entraîné la mort de six personnes à l’école et de deux membres de la famille au domicile, a profondément marqué le pays et suscité une large couverture médiatique et des débats publics : sur la sécurité dans les établissements scolaires, sur la régulation des armes et sur l’accès des forces de l’ordre aux données détenues par des entreprises technologiques.
- Les documents publiés proviennent d’un recours collectif de médias, dont La Presse Canadienne.
- Ils sont en grande partie caviardés, limitant la visibilité sur certains éléments techniques.
- La GRC a cherché à obtenir des données auprès d’OpenAI concernant des comptes ChatGPT liés à la tireuse.
« Everyone is welcome here »
Cette phrase, visible sur une fenêtre de l’établissement scolaire et reprise dans les images publiées, contraste avec la violence des faits décrits dans les documents. Les pièces rendues publiques jettent une lumière crue sur les difficultés d’identification et d’enquête lors d’événements de ce type, tout en alimentant des questions sur la transparence des procédures et le rôle des plateformes numériques dans les enquêtes criminelles contemporaines.
Les documents publiés permettront probablement d’alimenter les procédures judiciaires et les débats publics, mais les parties caviardées laissent encore de nombreuses zones d’ombre quant aux détails techniques et à la chaîne d’acquisition des armes. Les autorités et les groupes de la société civile attendent à présent des éclaircissements supplémentaires au fil des procédures en cours.