Moncef Abdelwahed, 70 ans, résident de Seine‑et‑Marne, a été élevé au grade de 8e dan en juin dernier, une distinction exceptionnelle en France. Diplômé d’État et référent technique, il consacre sa vie à l’enseignement du karaté, qu’il conçoit avant tout comme « un art de vivre » plutôt que comme une simple performance sportive.
Une consécration rare
Le 8e dan lui a été attribué à l’issue d’examens techniques validés par des experts français et japonais. Ce grade, situé sur une échelle à dix niveaux, est extrêmement rare : la presse spécialisée évoque une cinquantaine de titulaires en France. Pour Moncef Abdelwahed, cette reconnaissance sanctionne quarante années de pratique et de transmission.
Transmission et pédagogie
Installé au Karaté club de Cannes‑Écluse (KCCE), il dispense ses cours dans le département et rayonne plus largement en Seine‑et‑Marne. Une quarantaine d’élèves, âgés de 5 à 71 ans, suivent assidûment ses séances. Son enseignement met l’accent sur la patience, la persévérance et la maîtrise de soi, qualités qu’il considère essentielles pour dépasser l’ego centré sur la performance brute.
- Âge : 70 ans.
- Grade : 8e dan (obtenu en juin).
- Club : Karaté club de Cannes‑Écluse (KCCE).
- Public : environ 40 élèves, de 5 à 71 ans.
Un itinéraire nourri par le Japon
Comme beaucoup de pratiquants de sa génération, Moncef évoque une admiration de jeunesse pour Bruce Lee, qui l’a d’abord orienté vers les arts martiaux avant de le conduire au karaté. Le tournant décisif intervient à 22 ans, lors d’un séjour au Japon, où il suit des entraînements intensifs auprès de maîtres nippons. « La passion pour cette discipline ne m’a ensuite plus jamais quitté », confie‑t‑il.
« C’est avant tout un art de vivre … Il faut vaincre son ego qui vous pousse à la seule performance et à la force. Ce n’est pas ma conception du karaté. »
Un palmarès qui mêle tradition et armes anciennes
Outre son 8e dan, Moncef Abdelwahed a également brillé en kobudo, une discipline japonaise traditionnelle centrée sur la pratique d’armes anciennes (bâton, nunchaku, sai…). En 2024, à 68 ans, il remporte la médaille d’or lors des championnats du monde de kobudo, un résultat présenté comme une première pour la France dans la discipline.
| Année | Âge | Événement |
|---|---|---|
| 2024 | 68 ans | Médaille d’or aux championnats du monde de kobudo |
| 2026 (juin) | 70 ans | Obtention du 8e dan |
Un enseignement intergénérationnel
Dans son dojo, la mixité des âges est patente : des enfants de 5 ans côtoient des pratiquants septuagénaires. Cette diversité renforce, selon lui, la vocation éducative du karaté : au‑delà des techniques, il s’agit de transmettre des valeurs de civisme, de contrôle de soi et d’humilité. Son statut de référent technique confirme son rôle de passeur de savoirs au sein du tissu associatif local.
À l’heure où les pratiques sportives se professionnalisent et s’institutionnalisent, le parcours de Moncef Abdelwahed rappelle que certains maîtres conservent une approche humaniste des arts martiaux : l’excellence technique va de pair avec la pédagogie et la quête d’un équilibre personnel.
Pour les amateurs et les familles en Seine‑et‑Marne, son dojo au KCCE représente une adresse où l’on apprend non seulement à frapper et à parer, mais aussi à éduquer le caractère et à vivre le karaté comme un véritable art de vivre.