Créée en 1985 avec Athènes comme première lauréate, l’initiative des Capitales européennes de la culture fête cette année ses quarante ans. Depuis son lancement, elle a promu la visibilité culturelle de villes à travers l’Union et favorisé des projets de transformation urbaine et d’inclusion sociale. La Commission européenne a profité de cet anniversaire pour annoncer un renforcement du cadre réglementaire qui encadrera le dispositif après 2033.
Un bilan chiffré et des retombées reconnues
Sur quatre décennies, le titre a été porté par 85 villes, parcourant centres urbains, périphéries et régions. En 2026, les villes désignées sont Oulu (Finlande) et Trenčín (Slovaquie), et la roue tourne déjà vers 2027, où Évora (Portugal) et Liepāja (Lettonie) ont été retenues.
Le programme est régulièrement salué pour sa capacité à créer des dynamiques locales : développement culturel, attractivité touristique et projets d’aménagement qui essaiment au‑delà de l’année « capitale ». Plusieurs États ont vu plusieurs de leurs cités bénéficier du label ; l’Espagne en est un exemple, avec quatre villes distinguées à ce jour : Madrid (1992), Santiago de Compostela (2000), Salamanque (2002) et Saint‑Sébatien (2016).
Vers un nouveau cadre : simplifier, durabiliser, impliquer
La Commission européenne entend tirer les enseignements des quarante premières années pour simplifier le processus de sélection et mieux garantir que les effets perdurent après l’année de mise en lumière. Les axes prioritaires annoncés sont :
- assouplir et clarifier les modalités de candidature, afin de faciliter l’accès au titre ;
- renforcer l’héritage en favorisant la planification à long terme et la durabilité des projets engagés ;
- encourager les candidatures groupées, y compris transfrontalières, pour valoriser les partenariats territoriaux ;
- mieux associer les citoyens et les jeunes aux processus de conception et de mise en œuvre.
Ces orientations soulignent une volonté politique de rapprocher l’appel du terrain, en mettant l’accent sur la participation et les retombées structurelles plutôt que sur l’événementiel ponctuel.
Conséquences pour les villes et les politiques culturelles
Pour les autorités locales et nationales, le nouveau cadre devrait modifier les stratégies de candidature et de gouvernance des projets culturels. La possibilité de candidatures conjointes ouvre des perspectives pour des agglomérations, des régions ou des bassins transfrontaliers qui souhaitent mutualiser moyens et compétences. Sur le plan financier et urbanistique, la priorité donnée à l’héritage invite à penser des investissements pérennes et à inscrire les actions culturelles dans des trajectoires de développement durable.
| Année | Exemples de lauréates |
|---|---|
| 1985 | Athènes (première désignée) |
| 1992 – 2016 | Madrid (1992), Santiago de Compostela (2000), Salamanque (2002), Saint‑Sébastien (2016) |
| 2026 – 2027 | Oulu & Trenčín (2026), Évora & Liepāja (2027) |
La réforme annoncée implique aussi un accent sur les jeunes publics et la participation citoyenne, éléments qui peuvent renforcer la légitimité des projets culturels et faciliter leur appropriation par les habitants. Pour la scène culturelle belge, dont plusieurs villes ont déjà envisagé ou mené des candidatures par le passé, ces évolutions offrent un nouveau cadre de réflexion stratégique.
À l’heure où la Commission prépare ces évolutions pour l’après‑2033, les collectivités auront le temps de repenser leur approche : viser non seulement la visibilité internationale, mais aussi la cohérence territoriale, la durabilité et l’inclusion sociale. Le bilan des quarante ans montre que le titre peut être un puissant levier de transformation — à condition que les projets soient conçus pour durer.