La Belgique a enregistré une croissance nulle au deuxième trimestre par rapport aux trois mois précédents, un résultat qui la place en queue de peloton parmi les pays de la zone euro et ravive les inquiétudes sur la trajectoire économique du pays.
Un modèle économique fragilisé
Au-delà de la conjoncture internationale — volatilité des prix de l’énergie et tensions commerciales — plusieurs éléments structurels expliquent cette contre-performance. Une étude d’ING, citée dans les analyses récentes, avertit d’un possible cycle prolongé de croissance inférieure à 1 % si rien n’est fait. On y incrimine notamment des gains de productivité insuffisants, un ralentissement des investissements « productifs » des entreprises, une tendance à la désindustrialisation et le vieillissement de la population.
Ces constats soulignent les limites du récit axé uniquement sur l’assainissement budgétaire. Si la réduction du déficit reste une nécessité pour la soutenabilité des comptes publics, elle ne crée pas d’emplois à elle seule ni n’encourage directement la prise de risque entrepreneuriale, relèvent des observateurs.
Quelle stratégie pour relancer la croissance ?
La Belgique doit trouver, disent ses interlocuteurs, un « électrochoc » de croissance plutôt qu’un simple exercice de comptabilité. Parmi les pistes débattues figure la réorientation de l’épargne des ménages vers le financement des entreprises et du capital à risque. Le ministre des Finances, Jan Jambon (N-VA), a récemment relancé le débat en proposant des mesures pour inciter les épargnants à sortir une partie de leurs avoirs des comptes d’épargne.
« Le vrai problème est culturel »
Cette idée a suscité une certaine perplexité, d’autant qu’elle intervient juste après l’entrée en vigueur de la taxe sur les plus-values, rappelle la chronique économique. Le dossier soulève des questions politiques et sociales : comment convaincre des ménages prudents, dont une part importante de leur patrimoine « dort » sur des comptes d’épargne, de s’orienter vers des produits plus risqués mais potentiellement plus utiles à la croissance productive ?
- Constat : croissance nulle au 2e trimestre, positionnement bas dans la zone euro.
- Facteurs structurels : productivité faible, investissement productif en recul, désindustrialisation, vieillissement.
- Débat politique : encourager l’épargne vers le capital à risque, à la suite d’une proposition ministérielle.
- Contrainte budgétaire : nécessité de trouver des milliards à la rentrée pour éviter une détérioration des comptes publics.
| Cause | Conséquence |
|---|---|
| Gains de productivité insuffisants | Ralentissement de la croissance potentielle |
| Ralentissement des investissements productifs | Moins d’innovation et d’emplois créateurs de valeur |
À court terme, le gouvernement doit aussi faire face à une urgence budgétaire : la rentrée est présentée comme un moment où il faudra dégager des montants importants pour ne pas aggraver une situation déjà détériorée. Les choix de politique économique seront jugés, selon les commentateurs, autant sur la maîtrise des finances publiques que sur la capacité à relancer l’activité et l’emploi.
La réflexion en cours implique plusieurs acteurs : autorités fédérales, milieux bancaires, entreprises et ménages. Transformer l’épargne privée en carburant pour l’investissement productif demande des instruments adaptés, mais aussi une approche culturelle et pédagogique, avertissent les spécialistes cités. Sans une stratégie globale, combinant incitations, sécurité juridique et investissements ciblés, la Belgique risque de s’enliser dans une dynamique de croissance atone.
Pour l’heure, les constats sont dressés. La mise en œuvre des réponses dépendra des choix politiques à venir et de la capacité des acteurs économiques à prendre des risques pour relancer l’appareil productif du pays.