L'impasse politique au Kosovo a des conséquences tangibles sur l'économie locale : la création d'entreprises recule, l'activité est au point mort dans plusieurs secteurs et les investisseurs hésitent, affirme la Chambre de commerce et d'industrie du Kosovo. Le constat, dressé par son directeur exécutif, met en lumière l'effet paralysant de l'absence d'institutions pleinement fonctionnelles.
Un effet immédiat sur l'activité et l'emploi
Selon la Chambre de commerce et d'industrie, relayée mardi par la presse locale, les données de l'ARBK montrent un recul sensible de l'activité commerciale. Les entreprises qui reprennent une activité sont principalement des acteurs du commerce de biens, tandis que « aucune nouvelle entreprise employant du personnel ne voit le jour ». Ce phénomène traduit un arrêt net des créations d'emplois formels et une montée de l'incertitude pour les entrepreneurs.
« Tous les secteurs d'activité sont au point mort. La crise actuelle le confirme, et les données de l'ARBK mettent en évidence le déclin de l'activité. Les entreprises qui rouvrent leurs portes sont celles qui commercent, achètent et vendent des marchandises ; aucune nouvelle entreprise employant du personnel ne voit le jour. »
La Chambre souligne en outre des tensions sur le marché du travail : de nombreuses entreprises font face à une pénurie de personnel qualifié. Le cadre législatif actuel, selon le secteur privé, encourage l'embauche de jeunes pour les former, mais le départ ultérieur de ces jeunes salariés fait peser sur les employeurs un coût de formation élevé, sans mécanisme de compensation clair.
Des réformes bloquées qui freinent l'investissement
Au-delà des difficultés opérationnelles, l'absence d'un gouvernement stable bloque la modification ou l'adoption de textes jugés essentiels par le monde économique. La Chambre de commerce identifie plusieurs domaines où l'intervention institutionnelle est nécessaire pour clarifier les règles et stimuler l'activité :
- loi sur le commerce intérieur;
- droit des faillites;
- droit minier;
- droit du travail et législation sur le congé de maternité;
- réglementation de la TVA;
- droit des biens publics;
- droit des investissements stratégiques;
- droit des sociétés commerciales.
Ces domaines sont, selon la Chambre, directement liés à la capacité des entreprises d'envisager des investissements, d'embaucher durablement et de planifier leur développement. Sans institutions en mesure de mener des réformes, les entreprises restent dans l'expectative, ce qui pèse sur l'emploi et la compétitivité du pays.
| Domaines cités | Impact attendu en cas d'inaction |
|---|---|
| Droit du travail & congé de maternité | Coûts de recrutement et formation supportés par les entreprises, rétention du personnel incertaine |
| Droit des faillites | Risque accru pour les créanciers et les investisseurs, frein aux prêts |
| Droit des investissements stratégiques | Entrave à l'attraction d'investisseurs étrangers et locaux |
Le message est clair : sans un exécutif capable d'engager des réformes, le climat des affaires restera défavorable. La Chambre de commerce met ainsi en garde contre une spirale où l'absence d'investissement alimente le repli des activités, qui à son tour réduit les recettes publiques et complique davantage toute relance.
Conséquences pour les ménages et les entreprises
Pour les familles et les travailleurs, cette situation se traduit par un marché de l'emploi moins dynamique et une moindre création d'emplois stables. Pour les entrepreneurs, l'incertitude juridique et réglementaire augmente le coût et le risque d'investissement. Les petites et moyennes entreprises, qui constituent souvent l'essentiel de l'emploi privé, sont particulièrement vulnérables face à l'absence de soutien institutionnel et à l'instabilité des règles du jeu.
En l'absence d'une formation rapide d'un gouvernement ou d'un mécanisme institutionnel stable, la Chambre de commerce appelle implicitement à une reprise rapide du processus politique pour débloquer les réformes indispensables au redressement économique.