Le gouvernement bruxellois a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de sécurité en interdisant, par arrêté de police signé par le ministre-président Boris Dilliès (MR), la circulation et le stationnement de toutes les trottinettes électriques — qu'elles soient privées ou en libre-service — dans 19 quartiers qualifiés de « hotspots ». Ces zones ont été identifiées comme prioritaires en raison de problèmes récurrents de consommation et de trafic de drogues.
« un cadre durable, évalué en continu et adaptable rapidement au terrain »
Cette mesure s'inscrit dans un ensemble d'actions annoncées par la Région Bruxelles-Capitale visant à répondre à la montée des violences liées au narcotrafic. Dans la communication accompagnant la signature de l'arrêté, le cabinet du ministre-président évoque la nécessité d'un dispositif à la fois stable et modulable, susceptible d'être adapté en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain.
Chiffres récents et contexte
Entre le 1er janvier 2026 et le 30 septembre 2026, la Région Bruxelles-Capitale a enregistré 74 fusillades, qui ont fait deux morts et 28 blessés. Ces événements ont poussé les autorités régionales à intensifier les mesures de prévention et d'intervention dans les secteurs particulièrement touchés par le trafic de stupéfiants.
Le texte publié ce mercredi précise que certaines mesures annoncées étaient déjà en application depuis plusieurs mois, mais que l'arrêté formalise et étend désormais les prérogatives locales, notamment sur la question des trottinettes électriques.
Pourquoi interdire les trottinettes?
Selon les services de police et les autorités régionales, les trottinettes — du fait de leur mobilité, de la facilité de dissimulation et de l'anonymat qu'elles offrent — peuvent être utilisées par des trafiquants ou servir de moyen de fuite après des trafics ou des agressions. L'interdiction vise à supprimer un vecteur facilitant certains comportements illicites dans les quartiers les plus exposés.
- Portée : interdiction de circulation et de stationnement pour les trottinettes électriques, privées et partagées.
- Territoire : 19 quartiers dits « hotspots », identifiés pour consommation et trafic de drogues.
- Objectif : réduire les facilités logistiques pour le narcotrafic et améliorer la sécurité locale.
Modalités, contrôle et évaluation
L'arrêté insiste sur la nécessité d'une application contrôlée et d'une évaluation continue. Il prévoit que les services de police pourront intervenir pour faire respecter l'interdiction et que les autorités régionales suivront l'impact de la mesure afin de l'ajuster rapidement si besoin. Le communiqué souligne le caractère adaptable du dispositif, sans détailler toutefois le calendrier précis de mise en œuvre ni les sanctions prévues pour les contrevenants.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Fusillades (1/1/26–30/9/26) | 74 |
| Victimes décédées | 2 |
| Victimes blessées | 28 |
| Quartiers concernés | 19 hotspots |
Le texte officiel ne précise pas la liste complète des 19 quartiers concernés ni la date exacte d'entrée en vigueur pour chacun d'eux. Les communes bruxelloises et les zones de police locales seront chargées de la mise en œuvre opérationnelle et du contrôle sur le terrain.
Réactions et perspectives
L'interdiction relance le débat sur l'équilibre entre sécurité publique et libertés individuelles — notamment pour les usagers quotidiens des trottinettes — ainsi que sur les conséquences pour les services de partage de mobilité qui opèrent à Bruxelles. Certains acteurs de la mobilité urbaine, associations de riverains et commerçants s'intéresseront de près aux effets concrets de cette mesure sur la vie de quartier et sur les déplacements.
Les autorités régionales indiquent vouloir suivre de près l'impact de l'arrêté et n'excluent pas d'autres adaptations si l'évaluation montre la nécessité de nouvelles mesures. Pour l'heure, la priorité affichée reste la réduction des facilités logistiques au narcotrafic et l'amélioration de la sécurité dans les zones les plus exposées.
Des précisions complémentaires, notamment la liste détaillée des hotspots et les modalités pratiques d'application, doivent encore être communiquées par le cabinet du ministre-président.