Dans un ancrage économique déjà fragilisé, l'Union pour l'entreprise (UPE 13) tire la sonnette d'alarme pour le département. Jean‑Christophe Amarantinis, fraîchement élu à la présidence de l'organisation patronale, dresse un constat sans complaisance : les chefs d'entreprise « n'osent plus se projeter » et l'investissement privé est en forte baisse, selon ses observations transmises ce 4 septembre.
Une rentrée marquée par l'incertitude
Pour le dirigeant, la conjoncture des prochains mois s'annonce « anxiogène ». L'UPE 13 met en avant plusieurs facteurs qui expliqueraient cette perte de visibilité : la perspective d'une rentrée politique chargée (avec des échéances électorales nationales), la hausse des coûts — notamment énergétiques et des matières premières — et un accès au financement rendu plus difficile. Résultat, les projets et décisions d'investissement seraient mis entre parenthèses.
« On est dans l'inquiétude permanente, on n'a pas de vision à long terme. »
Cette phrase, extraite des propos rapportés par l'UPE 13, illustre le climat que décrit son président. Le message est clair : sans visibilité et sans conditions financières stables, les entreprises locales freinent leurs initiatives.
Chiffres clés et risques pour l'emploi
Plusieurs indicateurs cités par l'UPE 13 dressent le tableau :
- une chute des demandes de crédits bancaires estimée entre 25 % et 30 % sur les deux dernières années ;
- une contraction nette des investissements privés ;
- un risque accru de procédures collectives et de liquidations, avec des conséquences directes sur l'emploi et l'appareil productif local.
Le pronostic est sans détour : l'absence d'investissements prolongée pourrait conduire à des difficultés graves pour des entreprises déjà fragilisées.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Baisse des demandes de crédit | 25–30 % |
| Projets industriels recensés sur Fos‑Berre | plus de 50 |
| Investissements annoncés sur la zone | 15–20 milliards € |
| Emplois potentiels | plus de 10 000 |
Fos‑Berre, un dossier stratégique en panne
L'UPE 13 s'inquiète tout particulièrement pour la zone industrielle de Fos‑Berre, présentée comme un enjeu crucial de décarbonation et d'attractivité industrielle. Le syndicat patronal déplore un manque d'engagement financier clair de l'État et l'absence d'avancées sur des infrastructures indispensables — à l'image de la ligne très haute tension évoquée comme « en sommeil » —, qui conditionnent la capacité des sites à se moderniser.
Or, l'UPE 13 rappelle que plus de 50 projets sont actuellement recensés sur la zone, pour des montants annoncés pouvant atteindre entre 15 et 20 milliards d'euros et un potentiel de plus de 10 000 emplois directs. Sans garanties énergétiques et financières, ces projets risquent de rester à l'arrêt, avec un effet domino sur l'emploi et la compétitivité régionale.
Un appel à agir pour éviter la paralysie
Dans ce contexte, l'organisation patronale appelle à des décisions publiques et privées rapides pour restaurer la confiance : sécurisation des financements, clarté sur les calendriers d'investissement et renforcement des capacités énergétiques nécessaires à la décarbonation industrielle. L'objectif est de permettre aux entreprises de retrouver une planification sur le moyen et long terme, condition sine qua non d'une relance durable.
Sur le terrain, ce message résonne chez des dirigeants confrontés à la difficulté de maintenir leurs plans de développement. Les craintes exprimées par l'UPE 13 pourraient aussi se traduire par des décisions concrètes dès les prochains mois, si la situation financière et politique ne s'éclaircit pas.
Ce que les acteurs locaux peuvent attendre
- Une intensification des échanges entre l'UPE 13, les banques et les autorités publiques pour tenter de débloquer des financements ;
- Des demandes de clarification sur les engagements de l'État concernant les grands projets de décarbonation ;
- Une vigilance accrue des organisations professionnelles sur les risques de défaillances d'entreprises dans le département.
Le signal envoyé par l'UPE 13 est net : sans mesures concrètes et rapides, la rentrée économique dans les Bouches‑du‑Rhône risque de se traduire par une accélération des difficultés, tant pour les entreprises que pour les salariés. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si la périphérie industrielle marseillaise parviendra à transformer les annonces en réalisations tangibles.