ROGNAC — La quiétude d’un quartier bordant la D113 a été troublée cet été par une série d’incendies dont les plus récents ont ravagé l’ancienne imprimerie Rockson. Au total, les habitants évoquent trois sinistres intervenus depuis le début de la saison estivale, avec un feu majeur le 1er juillet qui avait déjà détruit des entreprises et des logements, puis deux départs de feu en août touchant le bâtiment abandonné de l’imprimerie.
Une odeur qui alarme
Les riverains parlent moins de l’ampleur des flammes que de la nature des fumées. Depuis la première intervention, plusieurs témoins rapportent une forte odeur de chlore se dégageant des fumées. La crainte d’une pollution chimique s’installe et se heurte à l’absence de réponse claire sur la composition des matériaux présents dans le bâtiment et sur les risques pour la population.
« Les deux incendies sentaient le chlore ! »
Stéphanie, habitante voisine et gestionnaire d’un refuge pour chats malades, s’estime exposée : son établissement jouxte le terrain situé à l’arrière de l’imprimerie, désormais calciné. Elle réclame l’enlèvement des matériaux et la transparence sur la nature des substances stockées dans les locaux, rappelant avoir alerté les autorités depuis 18 mois sur le danger que représentait ce site industriel.
Un site abandonné, un dernier exploitant liquidé
Le bâtiment appartient à une friche connue des services de l’État. Le dernier exploitant de l’imprimerie avait été placé en liquidation en 2024. Selon des informations citées par la presse locale, des stocks importants d’encres et de solvants avaient été signalés à la préfecture, accentuant les inquiétudes quant à la composition des fumées et aux risques pour la santé et l’environnement.
Le voisinage réclame des mesures
Au-delà de l’odeur, les riverains pointent un terrain envahi par la végétation : des centaines de mètres carrés laissés en friche, non débroussaillés, où l’herbe sèche devient combustible. « Il faut faire respecter les obligations légales de débroussaillement. C’est un minimum ! » insiste Stéphanie. Elle demande des interventions rapides et la remise en état du site afin d’éviter de nouveaux départs de feu.
Les habitants sollicitent également des analyses de l’air et un plan de dépollution. Sans ces éléments, la peur persiste : risques de toxicité pour les personnes exposées, inquiétudes sur l’impact à plus long terme pour les sols et les nappes éventuelles, et interrogations sur la responsabilité des propriétaires ou de l’État pour la prise en charge des opérations.
Chronologie des principaux incidents
| Date | Événement |
|---|---|
| 1er juillet | Feu majeur ayant détruit entreprises et logements le long de la D113 |
| Août (début) | Incendie de l’imprimerie Rockson (site abandonné) |
| 15 août | Reprise du feu à l’imprimerie, nouvelle intervention des pompiers |
Ce que demandent les riverains
La requête des habitants est claire et immédiate : ils veulent savoir ce qu’ils respirent et que le site ne présente plus de danger. Concrètement, leurs demandes comprennent :
- Des analyses de la qualité de l’air et, le cas échéant, des sols ;
- Le débroussaillement et la sécurisation du terrain pour réduire le risque d’incendie ;
- L’enlèvement et le traitement des déchets industriels et des stocks d’encres/solvants éventuellement présents ;
- La communication transparente des autorités sur les risques et les mesures prises.
Jusqu’à présent, la mobilisation des services compétents n’a pas été rendue publique dans les éléments fournis par les riverains, mais la connaissance de l’existence de stocks d’encres et de solvants, rapportée par des médias locaux, plaide pour une intervention méthodique plutôt que pour de simples opérations de terrassement.
La question de la responsabilité juridique et financière se pose : qui doit payer et superviser la dépollution d’un site industriel privé en faillite ? Les réponses dépendront des enquêtes en cours, des constats des services de l’État et éventuellement d’une mise à disposition de moyens par la préfecture si un risque sanitaire avéré est confirmé.
À Rognac, l’été aura donc laissé des traces visibles — bâtiments calcinés, terrains brûlés — et d’autres, moins palpables mais tout aussi préoccupantes : la peur d’une pollution invisible et le sentiment d’abandon face à des friches industrielles devenues dangereuses. Les habitants attendent désormais des mesures claires et rapides pour protéger leur santé et leur cadre de vie.