Saint‑Gaudens — La Région Occitanie propose d'installer un filet financier étatique autour de l'usine Fibre Excellence de Saint‑Gaudens pour éviter sa fermeture et préserver les 270 emplois liés au site. Carole Delga, présidente de la collectivité, a appelé directement le président de la République à mettre en place une « nationalisation temporaire » afin de gagner du temps et permettre la recherche d'un repreneur industriel.
Un plan d'urgence pour maintenir l'activité
Concrètement, la demande formulée par la Région vise une intervention de l'État à hauteur de 15 millions d'euros, ventilés en 5 millions de prise de participation au capital et 10 millions sous forme de prêt. Cette somme doit compléter les 13 millions d'euros que la Région prévoit déjà de mobiliser pour soutenir le redressement du site.
La Région a par ailleurs déposé une offre globale de reprise qui sera examinée par le tribunal de commerce de Toulouse le 8 septembre. Cette proposition s'élève à 90 millions d'euros, dont 31 millions destinés à relancer l'activité et 60 millions à financer un projet de diversification industrielle.
« Je demande au président de la République française une nationalisation temporaire pour Fibre Excellence »
Gagner du temps en attendant un repreneur
Aux yeux de Carole Delga, la prise de participation étatique visera surtout à « tenir le temps d'obtenir un partenariat industriel en capacité de pouvoir produire à nouveau » sur le site. La présidente de Région motive sa demande par la contrainte temporelle imposée par la procédure judiciaire : « le président du tribunal de commerce ne peut pas aller au‑delà d’un certain délai. La nationalisation temporaire est absolument indispensable », a‑t‑elle insisté.
La Région indique être en contact avec des investisseurs étrangers après avoir audité près de 150 entreprises. Parmi les visiteurs récents, un investisseur portugais, spécialisé dans la production de pâte à papier, s'est rendu sur le site. Carole Delga précise que la recherche s'étend davantage à l'international car, selon elle, il n'existe plus d'industriel français capable de reprendre cette activité : Fibre Excellence est, rappelons‑le, le dernier producteur de pâte à papier en France.
Chiffres clés
| Postes | Montant |
|---|---|
| Demande d'intervention de l'État | 15 M€ (5 M€ capital + 10 M€ prêt) |
| Mobilisation régionale prévue | 13 M€ |
| Offre globale déposée au tribunal | 90 M€ (31 M€ relance + 60 M€ diversification) |
| Emplois menacés | 270 |
Une échéance judiciaire déterminante
La procédure devant le tribunal de commerce de Toulouse constitue un jalon crucial : l'offre régionale de 90 millions d'euros sera examinée le 8 septembre, et la Région dispose d'une marge de manœuvre limitée pour l'améliorer. Delga a indiqué qu'il restait jusqu'au jeudi soir précédant l'audience pour peaufiner la proposition.
Si l'État accepte la formule de « nationalisation temporaire », celle‑ci permettrait selon la Région de stabiliser la situation financière du site et d'ouvrir une fenêtre pour un partenaire industriel susceptible de relancer la production. Sans cette mesure, le calendrier judiciaire risque de précipiter des décisions irréversibles pour les salariés et l'outil industriel.
Impact local et enjeux industriels
Au‑delà des emplois directs, la situation de Fibre Excellence interroge l'écosystème économique local et la chaîne d'approvisionnement liée à la pâterie. La disparition d'un producteur national pose aussi la question de la souveraineté industrielle dans un secteur stratégique pour certains usages.
- Montants mobilisés : Région, État et offre globale expliqués.
- Calendrier : audience du tribunal le 8 septembre, délai d'amélioration jusqu'au jeudi soir.
- Recherche de repreneurs : contacts avec investisseurs étrangers, visite d'un acteur portugais.
La demande de nationalisation temporaire soulève des questions politiques plus larges sur l'intervention publique dans l'industrie et la capacité des collectivités à préserver des emplois industriels face à la mondialisation des acteurs. À Saint‑Gaudens, salariés, élus locaux et partenaires économiques suivent de près les prochaines étapes judiciaires et les décisions attendues de l'État.