Le projet d'un vaste complexe de loisirs près de Cergy‑Pontoise dans le Val‑d'Oise, annoncé fin août avec un investissement saoudien de 6 milliards d'euros, voit l'une de ses annonces phares mise en doute après la mise au point du studio japonais Toei Animation. Dans un communiqué rendu public, la société affirme n'avoir accordé « aucune autorisation » pour la création d'un parc consacré à la franchise Dragon Ball en France.
Une annonce présidentielle nuancée par le détenteur des droits
Le 24 août, lors de la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, Emmanuel Macron avait évoqué un projet d'envergure à Cergy‑Pontoise, près de Paris, où pourraient être construits plusieurs parcs à thème. L'annonce, qui avait été présentée comme susceptible de porter des univers « mangas », a donné lieu à des commentaires politiques locaux plus explicites. Valérie Pécresse s'était ainsi montrée affirmative en déclarant que « Dragon Ball arrive [dans la région], Son Goku aura son parc ».
Pourtant, Toei Animation, qui détient une partie des droits de la célèbre franchise japonaise, a rectifié le tir. Dans son communiqué, le groupe indique que ni lui ni les autres sociétés détentrices des droits « n'ont accordé aucune autorisation à ce sujet, et nous n'avons connaissance d'aucun fait de ce type ».
« Toei Animation et les détenteurs des droits n'ont accordé aucune autorisation à ce sujet, et nous n'avons connaissance d'aucun fait de ce type. »
Un projet porté par Qiddiya et encore flou sur les licences
Le futur complexe doit être développé par Qiddiya Investment Company (QIC), une société liée au fonds souverain saoudien. Selon les éléments communiqués, le site, situé à environ 35 kilomètres au nord‑ouest de Paris, pourrait réunir trois parcs, des équipements culturels et sportifs, ainsi que des hébergements. Le dossier évoque également des logements sociaux et étudiants.
QIC a pour l'heure assuré rester « en discussion avec plusieurs grandes marques internationales détentrices de licences », sans confirmer de partenariat spécifique. Le flou autour des marques et univers choisis illustre la phase encore précoce de ce projet et la prudence des investisseurs vis‑à‑vis des droits intellectuels.
Impacts locaux et emplois annoncés
Les promoteurs ont estimé que le complexe pourrait générer jusqu'à 22 000 emplois directs. Ce chiffre, relayé lors des annonces, explique l'intérêt des acteurs publics et élus locaux, qui voient dans ce projet une opportunité de dynamiser l'attractivité touristique et économique du territoire.
Mais l'absence de calendrier précis et la mise au point de Toei interrogent sur la faisabilité des calendriers affichés et sur la nature exacte des partenariats internationaux qui seront conclus.
- Investissement annoncé : 6 milliards d'euros
- Localisation : Cergy‑Pontoise, Val‑d'Oise (≈ 35 km de Paris)
- Emplois annoncés : 22 000 emplois directs
| Élément | Statut communiqué |
|---|---|
| Licences (Dragon Ball) | Pas d'autorisation accordée (Toei) |
| Portage du projet | Qiddiya Investment Company (fonds saoudien) |
| Calendrier | Non précisé |
Pourquoi cette mise au point est importante
Les licences culturelles, en particulier pour des franchises internationales comme Dragon Ball, sont au cœur de la viabilité commerciale d'un parc à thème. Une marque forte attire visiteurs et investisseurs, mais nécessite des accords contractuels précis, souvent longs à négocier et dépendant de validations multiples (détenteurs de droits, agents, distributeurs).
La déclaration de Toei interrompt la logique d'appropriation médiatique d'une annonce pourtant amplifiée par des responsables politiques. Elle rappelle que les annonces politiques et les accords d'intention avec des fonds étrangers ne se substituent pas aux autorisations de licence indispensables.
Prochaines étapes et incertitudes
Plusieurs points devront être clarifiés pour que le projet avance :
- La confirmation de licences effectives pour chaque univers annoncé;
- Un calendrier détaillé de réalisation et des étapes d'urbanisme et d'autorisation;
- La nature des engagements financiers et des garanties offertes par les investisseurs.
En attendant, le dossier reste marqué par l'ampleur des ambitions affichées et par une réalité juridique et commerciale qui pourrait en modérer le calendrier. Pour les habitants du Val‑d'Oise et les acteurs économiques locaux, l'enjeu est de suivre la formalisation des accords et l'inscription du projet dans les procédures d'aménagement, loin des effets d'annonce.