Un quartier « régulièrement » inondé, selon les riverains
Dans la nuit du 3 au 4 août, le quartier autour de la rue Pierre-Sémard à Périgueux a de nouveau subi d’importantes inondations à la suite d’un violent orage. Plusieurs habitants se sont réunis et ont sollicité, mardi 11 août, les services du Grand Périgueux — compétent pour le réseau d’assainissement — afin d’obtenir des explications et des solutions concrètes.
La colère des riverains porte autant sur les dégâts matériels que sur la répétition des événements. « Même si cela n’arrive que tous les deux ans, ce n’est pas possible pour nous de changer de meubles tous les deux ans car ils ont été touchés par les inondations, ce n’est pas entendable », a confié Paul Gareau, fils d’une résidente de la rue Lagrange-Chancel. Pour certains, la fréquence est encore plus élevée : « Le caractère exceptionnel, je ne peux pas l’entendre alors que c’est la deuxième fois en un an qu’on est touché », a-t-il ajouté.
Explications techniques et limites du réseau
Du côté des élus et techniciens du Grand Périgueux, on reconnaît l’ampleur du phénomène, tout en le qualifiant d’exceptionnel. Nicolas Rabier, du service eau et assainissement, a chiffré l’événement : 60 millimètres de pluie sont tombés en l’espace de quatre heures. Les agents présents mardi ont indiqué que la configuration du secteur et la taille des collecteurs participent des difficultés rencontrées.
Sur la rue Lagrange-Chancel, un tuyau d’un diamètre de 1,20 m se trouve sous la chaussée ; sous la rue Pierre-Sémard, le collecteur atteint 2 m de diamètre. Néanmoins, les techniciens expliquent que ces caractéristiques ne suffisent pas à absorber le ruissellement en venant des hauteurs, notamment depuis Champcevinel, et que le réseau unitaire — qui concentre eaux usées et eaux pluviales — a favorisé les débordements.
| Élément | Valeur mentionnée |
|---|---|
| Pluie enregistrée | 60 mm en 4 heures |
| Diamètre tuyau (rue Lagrange-Chancel) | 1,20 m |
| Diamètre tuyau (rue Pierre-Sémard) | 2 m |
| Indemnité annoncée par une assurance | 250 € |
Revendiations des riverains et réponses attendues
Les personnes touchées ont préparé une série de demandes adressées au Grand Périgueux, allant de l’aide immédiate à des travaux de prévention et à l’indemnisation des dégâts. Elles attendent notamment :
- Des aides humaines et matérielles pour le nettoyage et la remise en état des logements ;
- Un diagnostic du réseau et des points d’étranglement éventuels ;
- La définition de mesures préventives et, le cas échéant, la programmation de travaux ciblés ;
- Une prise en charge ou un accompagnement financier au-delà des faibles montants d’indemnisation proposés par certaines assurances.
« L’assurance m’a indiqué nous indemniser de 250 euros pour le nettoyage, mais ce n’est juste pas possible. » — Paul Gareau
Lors de la rencontre, Jean-Philippe Sistach, directeur général adjoint en charge de l’eau et de l’assainissement au Grand Périgueux, et les techniciens ont entendu ces demandes et expliqué les contraintes techniques liées à l’événement. Ils ont toutefois reconnu que toutes les causes n’avaient pas encore été établies et que des études complémentaires étaient nécessaires pour déterminer si un étranglement du réseau, des saturations ponctuelles ou d’autres facteurs ont contribué aux débordements.
Conséquences locales et question de résilience
Au-delà des dommages matériels, l’insatisfaction des habitants révèle une tension entre l’« exceptionnel » invoqué par les services et la perception d’un risque devenu fréquent. Pour les riverains, la répétition des inondations alimente un sentiment d’insécurité et d’injustice, lorsqu’il s’agit de protéger un patrimoine privé ou de faire face à des frais récurrents non couverts.
Les suites de cette réunion dépendront des diagnostics à venir et des décisions d’investissement du Grand Périgueux. Les riverains attendent désormais un calendrier précis des études et des travaux, ainsi qu’une clarification sur les modalités d’accompagnement des foyers sinistrés.