L'enfant du pays Nicolas Giraud, connu sous le pseudonyme 100Taur, vient de terminer une fresque monumentale qui orne désormais le mur en face de l'église Saint‑Orens, place du même nom à Montauban. Intitulée Le Songe retrouvé, l'oeuvre, rendue publique au début août, revendique un hommage appuyé au peintre montalbanais Jean‑Auguste‑Dominique Ingres et multiplie les références visibles à différentes échelles.
Un chantier en plusieurs temps sous la chaleur
Selon l'artiste, les travaux ont débuté le 1er juillet. La phase préparatoire a été facilitée par la mise à disposition d'un échafaudage installé dans le cadre de la réfection du mur : quatre personnes ont d'abord appliqué, au rouleau, une sous‑couche sur la surface de 365 m², en réalisant trois couches de base. La partie figurative a ensuite occupé principalement Nicolas Giraud.
La réalisation s'est étalée sur un peu plus d'un mois et a pris fin le 10 août, alors que l'artiste avait initialement prévu d'achever la fresque le 24 juillet. Le retard est imputé aux fortes chaleurs qui ont marqué l'été :
« J'ai officiellement terminé le 10 août. J'avais commencé le 1er juillet... C'était très difficile mais l'acrylique séchait aussi très vite. »
Pour faire face à la canicule, l'équipe a modifié ses horaires : levé à 5 h 30 pour être sur le mur à 7 h, puis arrêt du travail à 11 h 30 afin d'éviter les heures les plus chaudes. Ce rythme a contraint l'auteur à réduire ses journées de travail à 4 ou 5 heures effectives, contre 8 à 9 heures habituelles.
Technique, contraintes et enjeux esthétiques
La chaleur n'a pas seulement raccourci les plages de travail : elle a aussi perturbé le comportement des matériaux. Nicolas Giraud signale que l'acrylique séchait très rapidement et que les bombes de peinture montaient en pression, compliquant les finitions. Malgré ces aléas techniques, l'artiste a tenu ses engagements de production et livré une fresque dense en détails, conçue pour se lire aussi bien de loin que de près.
Le projet s'inscrit dans une logique de valorisation du patrimoine local : la fresque dialogue directement avec l'église Saint‑Orens et réactive, sur le plan visuel, la présence d'Ingres dans la mémoire montalbanaise. L'œuvre vise ainsi à offrir aux riverains et aux visiteurs un nouvel élément de paysage urbain et culturel.
- Surface : 365 m².
- Période : du 1er juillet au 10 août (travail effectif en matinées).
- Méthode : préparation au rouleau (trois couches), puis travail de peinture et bombes pour les détails.
Calendrier et étapes
| Étape | Date |
|---|---|
| Début de la mise en peinture (sous‑couches) | 1er juillet |
| Fin prévue | 24 juillet (prévision) |
| Fin effective | 10 août |
Au‑delà de l'aspect purement plastique, la fresque ouvre un questionnement local sur l'usage de l'espace public et le rôle du street art dans la requalification des murs de la ville. Située sur une place fréquentée et en vis‑à‑vis d'un édifice religieux, l'œuvre bénéficiera d'une forte visibilité et devrait rapidement devenir un point de repère dans le centre‑ville.
Les Montalbanais auront désormais l'occasion de juger sur pièce si la fresque permet d'enrichir le parcours touristique et culturel de la cité. De leur côté, les acteurs de la vie locale — associations, commerçants et élus — pourront exploiter cette création comme support à des initiatives pédagogiques ou événements autour de l'art urbain.
Interrogé sur la charge physique et mentale de ce projet, l'artiste a résumé l'expérience en ces termes : « C'est sûr que ce fut à la fois un challenge physique et mental. » Sans se départir d'une certaine modestie, Nicolas Giraud laisse derrière lui une pièce significative du paysage montalbanais, à la fois hommage à un maître local et invitation à la découverte pour les passants.