Recrutée par l'Office national des forêts (ONF) en 2024, Juliette Oury a pris en charge la surveillance de cinq forêts communales rattachées à l'équipe de travail Loue Lison, sous la direction de Besançon. Au total, ces massifs représentent 1 255 hectares où se côtoient feuillus et résineux. Son poste l'a immédiatement confrontée aux effets visibles du changement climatique sur les peuplements locaux.
Le sapin pectiné, une essence locale en difficulté
Parmi les essences touchées figure le sapin pectiné, aussi appelé sapin blanc, très présent dans la région depuis des plantations massives au XIXe siècle. « Le sapin pectiné, ou sapin blanc, la variété locale qu'on a beaucoup plantée ici au XIXe siècle, souffre du changement climatique », indique le compte rendu de sa mission. Comme l'épicéa, déjà ravagé par les scolytes dans les forêts de l'est de la France, le sapin pâtit de canicules et de sécheresses répétées : l'arbre rougit, il sèche, et il faut l'abattre.
Le cas d'Amancey, l'une des forêts surveillées, illustre ces difficultés : des arbres abattus en grand nombre entraînent une déstabilisation des sujets voisins, si bien que des coupes plus étendues deviennent parfois nécessaires alors que la règle de gestion vise en temps normal à ne pas trop prélever.
« C'est le cas dans cette forêt d'Amancey, et quand on abat des arbres en nombre, leurs voisins peuvent être déstabilisés, il faut parfois tout abattre alors qu'on fait habituellement attention à ne pas trop prélever »
Impacts sur la gestion forestière et la filière bois
La multiplication des épisodes de sécheresse complique la conduite habituelle des peuplements. Pour les gestionnaires, plusieurs défis se conjuguent : protéger la santé écologique des massifs, limiter la propagation des ravageurs et maintenir une production de bois durable pour les communes propriétaires. Les coupes sanitaires, nécessaires pour limiter l'extension des foyers de dépérissement, peuvent toutefois réduire la résilience des forêts si elles sont trop importantes ou mal calibrées.
- Objectif de la surveillance : repérer rapidement les arbres dépérissants et orienter les coupes.
- Conséquence locale : augmentation des interventions forestières, parfois de grande ampleur.
- Enjeu pour les communes : concilier recettes liées au bois et préservation des services écologiques.
Un métier accessible hors des parcours classiques
Le portrait de Juliette Oury montre aussi que les voies d'accès aux métiers de la forêt peuvent être variées : elle n'a pas suivi la filière « classique » pour exercer, mais elle s'est trouvée rapidement plongée dans la réalité du terrain et des décisions techniques. Sur le terrain, le rôle consiste autant à observer qu'à conseiller les élus communaux propriétaires des bois, à proposer des itinéraires de gestion et à coordonner les interventions de débardage et d'abattage.
| Nombre de forêts | Surface totale | Exemple cité |
|---|---|---|
| 5 | 1 255 ha | Amancey |
Conséquences pour les usagers et recommandations pratiques
Les interventions de coupe et les travaux de débardage peuvent entraîner des restrictions d'accès temporaires, des traces sur les chemins et une modification paysagère perceptible pour les habitants et les promeneurs. Les gestionnaires recommandent de respecter les panneaux et barrières mis en place lors des opérations et d'éviter les zones en travaux pour des raisons de sécurité.
À plus long terme, la situation sur ces massifs du Doubs pose la question des choix d'espèces et d'itinéraires de reboisement adaptés aux nouveaux régimes climatiques. Les adaptations possibles incluent la diversification des essences plantées et la restauration de structures de forêt plus résilientes, démarches déjà discutées dans les équipes de gestion mais exigeant temps et ressources.
Sur le plan local, la mission de surveillance menée par Juliette Oury et ses collègues constitue un maillon essentiel pour anticiper les crises sanitaires en forêt et accompagner les communes dans des décisions techniques contraintes par l'urgence écologique.