Le Vietnam met en place des mesures structurelles pour accompagner l'« âge d'or » de son durian : après une année 2025 marquée par une valeur d'exportations estimée à 3,86 milliards de dollars, soit une progression de plus de 20 % et représentant environ 45 % des exportations vietnamiennes de fruits et légumes, le gouvernement appelle à une réorganisation ambitieuse des régions de production et à un renforcement des contrôles sanitaires et de traçabilité.
Limiter l'expansion spontanée et adapter les cultures
Les autorités demandent aux ministères, organismes sectoriels et collectivités locales de revoir la délimitation des zones de culture du durian en tenant compte des caractéristiques des sols, des ressources en eau, du climat, des infrastructures et des débouchés commerciaux. L'objectif est double : maximiser la qualité des fruits et éviter l'implantation de vergers dans des zones inadaptées qui compromettraient la durabilité et la sécurité sanitaire des productions.
Traçabilité et chaîne intégrée : du pré-traitement à l'export
Le texte gouvernemental insiste pour que la production soit intégrée à l'ensemble de la filière, « du pré‑traitement à la consommation et à l'exportation ». Les entreprises sont encouragées à réinvestir dans les zones de culture, à bénéficier d'un accompagnement technique et à garantir la traçabilité des lots. Le ministère de l'Agriculture et de l'Environnement est expressément chargé de mettre en œuvre la résolution 36 et de lever les obstacles à l'octroi des codes des zones de plantation et des codes des installations d'emballage.
- Accompagnement technique des exploitants pour adopter des pratiques agricoles plus sûres ;
- Contrôle renforcé des engrais et des pesticides ;
- Connexion des données au portail national de traçabilité ;
- Amélioration des capacités d'analyse et reconnaissance internationale des laboratoires.
Tolérance zéro sur le cadmium
Les autorités ont pris une position ferme sur la contamination : aucun permis d'exportation ne sera accordé pour des fruits provenant de zones de culture signalées comme contaminées au cadmium. Des organismes spécialisés doivent accompagner les agriculteurs pour renforcer les contrôles de sécurité alimentaire, la quarantaine et les dispositifs d'alerte aux ravageurs.
Coordination interministerielle et normes d'application
Plusieurs ministères se voient assigner des rôles précis. Le ministère de l'Agriculture et de l'Environnement doit également connecter les codes et laboratoires d'essai au portail national et travailler avec la Chine pour accélérer la reconnaissance mutuelle des codes et des capacités de test. Le ministère de la Sécurité publique a ordonné une application stricte des règles concernant les infractions constatées lors des tests. Enfin, le ministère de l'Industrie et du Commerce est chargé de renforcer les capacités de prévision, de développer les marchés et de réguler notamment les délais de livraison afin d'assurer la fluidité des exportations.
| Indicateur | Valeur (2025) |
|---|---|
| Exportations de durian | 3,86 milliards USD |
| Augmentation annuelle | + >20 % |
| Part des fruits et légumes exportés | ~45 % |
Ces mesures traduisent une volonté de transformer un boom quantitatif en une dynamique durable et maîtrisée : sécuriser la filière, préserver l'accès aux marchés internationaux — en particulier la Chine, partenaire majeur — et réduire les risques sanitaires pouvant fragiliser la réputation des producteurs vietnamiens.
Si l'on ne dispose pas ici des détails techniques ni du calendrier précis de mise en œuvre de la résolution 36, le message est clair : le pouvoir central privilégie désormais une gestion territorialisée, fondée sur la science et la traçabilité, pour protéger une culture devenue stratégique pour l'économie agricole du pays.