Le Comité populaire de Hô Chi Minh‑Ville a adopté une décision cadre portant sur la réorganisation de l’ensemble de son réseau d’établissements d’enseignement publics préscolaire, primaire, secondaire et de formation continue. Au total, le plan concerne 2 188 structures et vise, selon les autorités, à optimiser les moyens humains et matériels en privilégiant « la réduction du nombre de personnels de gestion et l’augmentation du nombre de personnels enseignant ».
Un réseau très éclaté à regrouper
Le document officiel, référencé sous la décision n° 5161/QD‑UBND, liste la composition actuelle du réseau : jardins d’enfants, écoles primaires, collèges, lycées, établissements multi‑niveaux, centres de formation continue ou professionnelle et écoles spécialisées. Les autorités estiment que de nombreuses unités sont petites et dispersées, ce qui rend difficile une gestion efficace et pèse sur les administrations locales.
| Type d'établissement | Nombre |
|---|---|
| Jardins d'enfants | 694 |
| Écoles primaires | 778 |
| Collèges | 449 |
| Lycées | 159 |
| Établissements multi‑niveaux | 30 |
| Centres de formation continue / professionnelle | 41 |
| Écoles spécialisées | 37 |
Des fusions ciblées, pas une suppression mécanique
Le plan insiste sur le caractère réformatif de l’opération : il ne s’agit pas, affirment les autorités, d’une réduction mécanique du nombre d’unités, mais d’une réorganisation visant la meilleure gouvernance et l’utilisation plus efficiente des infrastructures et des ressources publiques. La ville veut notamment diminuer les postes de direction au profit d’un renforcement des effectifs pédagogiques.
« réduire le nombre de personnels de gestion et d'augmenter celui des enseignants »
Concrètement, la réorganisation comportera des fusions privilégiant les établissements de petite taille, afin de regrouper les classes et d’améliorer la capacité d’offre éducative par site. Les autorités ont fixé des critères de taille et des limites pour éviter une dispersion sur trop de sites après fusion.
- Réduire la fragmentation du réseau d’enseignement et rationaliser la gestion locale ;
- Conserver et renforcer la qualité pédagogique en augmentant le nombre d’enseignants ;
- Optimiser les infrastructures et coordonner les investissements publics.
Enjeux pour les élèves, les familles et le personnel
La réforme soulève plusieurs questions pratiques et sociales. La fermeture ou la fusion d’établissements peut modifier les temps de transport pour les enfants, la composition des classes et l’organisation scolaire, avec des conséquences pour les familles en matière d’organisation quotidienne. Pour le personnel, la transformation vise à réduire les postes administratifs ; elle suppose des redéploiements, des mobilités ou des évolutions de fonctions, sans que le plan public n’énonce encore les modalités précises d’accompagnement.
Les autorités locales mettent en avant l’objectif de préserver la qualité de l’offre, notamment en maintenant des structures spécialisées ou des dispositifs innovants. Les établissements qui mettent en œuvre des programmes reconnus à un niveau régional ou international, ainsi que ceux dédiés aux élèves à besoins spécifiques, sont explicitement exclus des fusions systématiques.
Ce type d’opération, mené dans une grande métropole en forte croissance démographique et administrative, illustre les difficultés à adapter les réseaux éducatifs aux évolutions urbaines. Il interroge également sur la manière de concilier efficience administrative et proximité du service éducatif, un enjeu que connaissent aussi d’autres grandes villes dans le monde.
Les détails pratiques du calendrier de mise en œuvre et des mesures d’accompagnement du personnel et des familles n’ont pas encore été rendus publics. Le suivi de cette réorganisation sera déterminant pour mesurer son impact sur la qualité de l’enseignement et la continuité du parcours des élèves.