Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes et candidate à l'élection présidentielle, a lancé une offensive de rassemblement à gauche en proposant des rencontres bilatérales aux autres partis du camp, a-t-elle expliqué dans un entretien à La Tribune dimanche et par un courrier cosigné avec les chefs de groupes parlementaires de son mouvement.
Une main tendue à huit mois du scrutin
À moins d'un an du premier tour, la dirigeante écologiste propose à ses homologues du Parti socialiste, du Parti communiste, de La France insoumise, de Place publique et même à des mouvements régionalistes de se rencontrer «pour discuter projet, stratégie et dégager avec ceux qui le souhaitent un chemin de victoire». L'initiative intervient après l'échec d'une primaire unitaire avec le PS et à la veille des universités d'été de plusieurs formations de gauche.
Dans le courrier, adressé «à tous les partis de gauche, de LFI à Place publique», les Verts fixent des ambitions de fond et rappellent que la discussion devra porter aussi, in fine, sur les élections législatives qui suivront la présidentielle, dans l'hypothèse d'une dissolution du Parlement.
«Nous sommes prêts à rediscuter avec tout le monde à gauche, sans exclusive», a déclaré Marine Tondelier.
Des conditions posées pour un «espace politique commun»
La proposition de rassemblement n'est pas conditionnée à un accord de pure tactique : les écologistes exigent que toute union repose sur des «bases solides» et listent plusieurs priorités programmatiques. Parmi les éléments mis en avant :
- la transition et la planification écologique ;
- la sortie des énergies fossiles ;
- la mise en place d’un État providence climatique ;
- la fin de la course à la croissance ;
- la construction d’une Europe fédérale respectueuse des valeurs d’accueil, de solidarité et de démocratie.
Ces conditions traduisent la volonté des écologistes de placer le climat et la rupture écologique au cœur d'un éventuel accord, et de ne pas se satisfaire d'une simple recomposition électorale au gré des intérêts tactiques.
Enjeux stratégiques : éviter la dispersion à gauche
Marine Tondelier insiste sur le risque d'une division : selon elle, une dispersion des candidatures à gauche pourrait conduire à des éliminations dès le premier tour «dans de nombreuses circonscriptions». La cheffe des Verts appelle donc à «se projeter dans l’exercice du pouvoir» et à préparer dès maintenant une stratégie commune pour la présidentielle mais aussi pour les législatives.
Le timing de l'initiative — quelques jours avant les universités d'été des principaux partis de gauche — vise manifestement à créer un momentum et à forcer la discussion alors que les calendriers militants se densifient.
Ce que l'on saura dans les prochaines semaines
Deux éléments resteront à observer : la réception de cette proposition par les différentes formations convoquées, et la traduction possible des discussions en accords concrets avant le dépôt des candidatures. Les écologistes ont formalisé leur démarche par un courrier cosigné, ce qui témoigne d'une volonté de crédibiliser l'offre et d'engager un processus de négociation structuré.
| Calendrier proche | Événement |
|---|---|
| Fin août | Universités d'été des partis de gauche (PS, LFI, PCF, Écologistes, etc.) |
| Huit mois avant | Proposition publique de Tondelier pour rencontres bilatérales |
Sans réponse publique forte et rapide des autres formations, l'initiative pourrait rester symbolique. Mais si des bilatérales débouchent sur des convergences programmatiques, elles pourraient redessiner le paysage de la gauche avant la campagne officielle.
Dans le jeu politique français, où la présidentielle conditionne souvent la configuration des législatives, la capacité de la gauche à s'entendre sur un socle minimal et sur une stratégie commune déterminera en grande partie ses chances de retour au pouvoir. Les prochaines semaines constitueront donc un test clef pour mesurer la portée réelle de l'offre de Marine Tondelier.