À huit mois de l'élection présidentielle de 2027, François Bayrou plaide pour l'organisation d'une grande primaire visant à rassembler « tous ceux qui rejettent les extrêmes ». L'ancien chef du gouvernement et président du MoDem estime qu'une candidature unique, choisie début février, est la meilleure protection contre le « risque » d'un second tour opposant l'extrême droite à l'extrême gauche.
Un appel pour éviter « une catastrophe »
Dans un entretien publié le 9 août au Figaro, François Bayrou dessine le schéma d'une primaire ouverte permettant de départager les candidats « démocrates réformistes » et d'éviter que le débat politique ne se polarise jusqu'à produire, au second tour, un affrontement entre Marine Le Pen et Jean‑Luc Mélenchon. Selon lui, l'issue maximale redoutée de la prochaine présidentielle serait précisément ce face‑à‑face.
« Le risque maximum, c'est un deuxième tour entre l'extrême droite et l'extrême gauche. »
Pour Bayrou, la tenue d'une primaire resterait le moyen le plus crédible d'aboutir à un candidat susceptible de rassembler au‑delà des sensibilités : du Parti socialiste « dans sa version sociale‑démocrate » jusqu'aux gaullistes, en passant par les formations centristes.
Une méthode et un calendrier proposés
Le calendrier préconisé par l'ancien maire de Pau prévoit une compétition interne où chaque postulant expose son projet, suivie d'un vote « le plus ouvert possible » fin janvier ou début février. Le lauréat disposerait ensuite de « deux mois pleins de campagne », une période que Bayrou juge suffisante pour tenter de rassembler les électeurs lors des semaines décisives du scrutin.
| Échéance | Détail |
|---|---|
| Fin janvier / début février | Organisation du vote de la primaire |
| Mars–avril 2027 | Période de campagne présidentielle (avec deux mois pour le lauréat) |
Bayrou estime que, sans méthode claire pour départager les prétendants, la sélection se fera « par effraction, par bousculade », expression qu'il utilise pour dénoncer l'absence d'une solution organisée et consensuelle.
Un diagnostic critique des leaders actuels
Interrogé sur les figures déjà investies dans cet espace politique, François Bayrou estime qu'aucun des candidats déclarés n'est aujourd'hui en mesure de fédérer largement. Il cite notamment Édouard Philippe, qui apparaît pourtant favorablement dans les sondages : « Il défend sa position, c'est légitime. Mais qui porte le profond renouvellement attendu ? », s'interroge l'ancien ministre.
En proposant une primaire, Bayrou entend briser l'ambiguïté qui, selon lui, règne parmi les forces dites réformistes et offrir un cadre transparent pour départager les candidatures. L'objectif affiché est d'aboutir à un candidat capable de rassembler les « démocrates réformistes » et de contrer la montée des forces extrêmes au moment du choix final des électeurs.
Conséquences politiques
- Si elle se mettait en place, la primaire pourrait modifier profondément les alliances entre partis de l'espace républicain et réformiste en France.
- À défaut d'accord, la compétition entre prétendants pourrait fragmenter le camp modéré et favoriser l'accès au second tour des forces extrêmes, scénario que Bayrou cherche à empêcher.
- Un candidat unique choisi par une primaire ouverte disposerait d'une fenêtre de deux mois pour tenter de rassembler, mais la réussite de cette stratégie dépendra de l'adhésion effective des principaux leaders politiques à la méthode proposée.
La proposition de François Bayrou ouvre un débat sur la manière d'organiser la candidature du centre et de la droite modérée. Reste à savoir si les principaux intéressés — responsables de partis et personnalités jugées capables de rassembler — accepteront de se soumettre à une telle compétition collective, ou si la présidentielle se jouera autrement, par accords ponctuels ou rivalités internes.