Thierry Breton, ancien commissaire européen et ancien ministre de l’Économie, a vivement rejeté, dimanche sur BFMTV, l’hypothèse d’une désindexation partielle des pensions de retraite avancée pour le budget 2027. Selon lui, il ne faut « pas toucher aux retraités » et le gouvernement doit assumer la suspension de la réforme des retraites précédemment envisagée.
Un signal politique et budgétaire
L’ancien responsable européen a critiqué la stratégie consistant, d’après lui, à maintenir l’âge légal de départ à la retraite tout en faisant porter l’effort sur les pensions. Il a rappelé que la réforme portée par Élisabeth Borne avait été mise en attente — un choix confirmé par Sébastien Lecornu lors des débats avec les socialistes à l’Assemblée — et estimé que la décision de renoncer à ce projet a un coût politique et financier qu’il faut assumer.
« C'est une très mauvaise idée. Je pense qu'il ne faut pas toucher aux retraités. Il y a un choix qui a été fait par le gouvernement, qu'il l'assume maintenant. Quand on renonce, on paie toujours »
Thierry Breton a dénoncé le raisonnement qui consisterait à préserver la réforme en apparence — « on travaille toujours jusqu'à 62 ans » — tout en transférant la charge sur les pensions. Il a qualifié cette approche de injuste et peu pertinente du point de vue social.
Chiffres évoqués et conséquences
Le débat autour du budget 2027 se nourrit d’estimations de recettes et d’économies nécessaires pour boucler les comptes. Dans le même temps, l’idée d’une désindexation vise à réduire la dynamique des dépenses de retraite, mais sans consensus politique clair. Dans ses propos, Thierry Breton a aussi évoqué la nécessité d’une « règle d’or » budgétaire pour contraindre les majorités à équilibrer les comptes.
| Élément | Contexte / Mention |
|---|---|
| Désindexation des pensions | Proposée pour alléger le budget 2027 ; fortement critiquée par Thierry Breton |
| Suspension de la réforme des retraites | Décision prise lors des concessions parlementaires, selon la chronique politique |
| Règle d'or budgétaire | Préconisée par Thierry Breton pour garantir l'équilibre des finances publiques |
Pour les ménages et les retraités, une désindexation signifierait une moindre revalorisation automatique des pensions par rapport à l’inflation, réduisant le pouvoir d’achat des plus vulnérables. Breton a mis en garde contre ce transfert de l’effort budgétaire vers les bénéficiaires de pensions, soulignant le caractère politique et social de ce type de mesure.
Un positionnement dans le jeu politique
La prise de position intervient alors que le nom de Thierry Breton a été cité par François Bayrou comme possible candidat du centre à la présidentielle. Breton s’est dit « honoré » mais a relativisé : « On n'en est qu'aux profils », a-t-il déclaré, en rappelant que d’autres personnalités ont été évoquées, telles que Jean Castex, François Baroin, Bruno Le Maire ou Bernard Cazeneuve. Il a aussi indiqué, de façon factuelle, avoir rencontré des responsables de divers bords, y compris Jordan Bardella, pour discuter notamment de la nécessité d’une règle d’or.
- Position claire : Breton s’oppose à la désindexation partielle des pensions.
- Conséquence sociale : une telle mesure réduit le pouvoir d’achat des retraités.
- Dimension politique : Breton appelle l’exécutif à assumer la suspension de la réforme des retraites et plaide pour une règle d’or budgétaire.
La discussion autour du budget 2027 reste ouverte et la controverse souligne la difficulté des choix entre maîtrise des dépenses publiques et protection des revenus des ménages, en particulier des retraités. Les arbitrages à venir du gouvernement et du Parlement détermineront si la piste de la désindexation sera seulement évoquée ou effectivement retenue comme levier d’économies.