Dans un entretien publié par Valeurs actuelles, le député Les Républicains Jean‑Louis Thiériot affirme que « la sécurité de l’Europe dépend de l’influence et de l’indépendance militaire de la France ». Cet argument est avancé à la suite du discours du président Emmanuel Macron, le 13 juillet, qui a évoqué la perspective de devoir défendre la paix « au prix du sang ».
Un constat : la fin des « dividendes de la paix »
Pour Jean‑Louis Thiériot, ancien ministre délégué aux Armées, le temps des dividendes de la paix appartient désormais au passé. Il renvoie à une réalité stratégique transformée par la guerre en Ukraine, le réarmement russe et la montée en puissance des technologies militaires — notamment les drones — qui changent la nature des conflits. Le député juge que la situation internationale impose un discours direct et sans ambiguïté sur les impératifs de défense.
Thiériot reprend une formulation forte sur la permanence de la guerre dans l’histoire humaine — « 3 000 ans d’histoire » — et souligne que les sociétés ne choisissent pas toujours la guerre : « c’est la guerre qui nous choisit », selon lui. Il cite également l’ancien chef d’état‑major des Armées, le général Thierry Burkhard, pour qualifier l’époque actuelle d’« ère des guerres imposées ».
Quels enjeux pour l’Europe ?
Le raisonnement de Thiériot pose la France au cœur de la capacité européenne à assurer sa sécurité. Il lie trois éléments :
- influence politique de la France sur les dossiers de défense au niveau européen ;
- indépendance militaire — la capacité de décision et d’action autonome sur le plan stratégique ;
- adaptation technologique face à la montée des drones et aux nouvelles formes de conflictualité.
Le raisonnement rejoint un débat de fond sur la division des rôles entre capacités nationales et coopération européenne. Il rappelle que les choix du futur président français auront des répercussions larges sur la manière dont l’Union et ses États membres articuleront leurs réponses collectives face aux menaces.
Implications pour la Belgique et les partenaires
Sans proposer de recettes, le propos de Thiériot invite à réfléchir à plusieurs conséquences concrètes pour les États européens : renforcement des capacités nationales, investissements en matériel et en technologies, mais aussi coordination politique et opérationnelle entre alliés. Pour un pays comme la Belgique, membre de l’Union européenne et de l’OTAN, ces éléments interrogent la répartition des efforts et la complémentarité entre souveraineté nationale et partenariats.
« La sécurité de l’Europe dépend de l’influence et de l’indépendance militaire de la France. »
Ce constat met en lumière une tension récurrente : jusqu’où chaque État peut‑il ou doit‑il développer des capacités propres, et comment articule‑t‑on ces efforts au niveau européen ?
| Élément | Conséquence évoquée |
|---|---|
| Influence politique | Leadership pour coordonner les réponses européennes |
| Indépendance militaire | Capacité d’action autonome face aux crises |
| Technologie (drones) | Adaptation des modes de production et de dissuasion |
Un discours qui bouscule le débat public
Le langage employé par Emmanuel Macron — mentionné explicitement dans l’entretien — et la mise en garde de personnalités politiques comme Thiériot contribuent à déplacer le débat public. Ils obligent à confronter des questions douloureuses : niveau d’effort budgétaire, priorités industrielles, relations avec l’OTAN et avec les partenaires européens. Le rappel historique et la référence à des figures politiques et militaires (Laurent Fabius, général Thierry Burkhard) servent à inscrire cette réflexion dans une continuité des doctrines et des alertes stratégiques.
La réflexion de Jean‑Louis Thiériot, telle que restituée dans cet entretien, ne formule pas de plan détaillé mais articule un diagnostic. À l’heure où la scène internationale se montre plus imprévisible, elle souligne qu’un débat politique renouvelé sur la défense et la souveraineté militaire est inévitable.