Le procès d’un couple de proxénètes accusé d’avoir contraint une mineure de 13 ans à se livrer à la prostitution dans des logements loués via Airbnb à Nice puis à Cannes s’ouvre ce mercredi à 14 h devant le tribunal correctionnel de Grasse.
Découverte et enquête
Les faits remontent au 7 mai dernier, lorsqu’une jeune adolescente en fugue a été retrouvée désorientée et errante sur le quai de la gare SNCF de Cannes par des policiers nationaux. Lors de sa prise en charge, elle a déclaré avoir été contrainte, en compagnie d’une prostituée majeure, de se livrer à des actes sexuels contre rémunération dans des logements Airbnb situés à Nice puis à Cannes.
Une enquête menée par le service local de police judiciaire de Cannes a rapidement confirmé ces éléments et permis d’identifier les personnes mises en cause : le proxénète présumé, sa compagne, ainsi que la prostituée majeure. Les trois personnes ont été interpellées à leur domicile le 9 juin et placées en garde à vue.
Révélations judiciaires et mesures conservatoires
Au cours des auditions, le couple incriminé a « partiellement reconnu les faits », selon la communication de la police nationale. À l’occasion de la perquisition de leur logement, les enquêteurs ont saisi environ 11 000 euros en liquide.
« partiellement reconnu les faits »
À l’issue des gardes à vue, la prostituée majeure a été relâchée, tandis que les deux personnes suspectées de proxénétisme ont été déférées et placées en détention provisoire sur requête du parquet.
Clients et suites de l’enquête
Parallèlement aux interpellations, deux clients avaient également été placés en garde à vue. Lors de leurs auditions, ils ont confirmé être entrés en contact avec les proxénètes, mais ont indiqué avoir refusé les prestations sexuelles en raison du très jeune âge de la victime.
Le procès qui débute ce mercredi vise à faire la lumière sur les responsabilités pénales du couple soupçonné d’exploitation et proxénétisme, ainsi que sur le rôle exact de la prostituée majeure mise en cause dans la trajectoire de la mineure.
- 7 mai : la mineure de 13 ans est retrouvée errante en gare de Cannes et signale les faits.
- 9 juin : interpellation du couple, de la prostituée majeure et perquisition au domicile (saisie d’environ 11 000 €).
- 12 juin : communication de la police nationale confirmant les éléments de l’enquête.
- Date du procès : ce mercredi, 14 h, tribunal correctionnel de Grasse.
Enjeux et cadre légal
Cette affaire illustre la vulnérabilité des mineurs en situation de fugue et les mécanismes par lesquels des réseaux ou des individus peuvent les contraindre à la prostitution, souvent via des locations temporaires et des mises en relation organisées. Le dossier relève de qualifications pénales graves, notamment l’exploitation sexuelle d’un mineur et le proxénétisme, qui entraînent des peines significatives en cas de condamnation.
Le parquet a pris des mesures conservatoires (garde à vue, déferrement, détention provisoire) afin d’éviter toute entrave à l’enquête et toute mise en danger supplémentaire de la victime. Le déroulement du procès et les pièces versées au dossier permettront d’éclairer la chronologie exacte des faits et les implications pénales de chacun des protagonistes.
Nous suivrons les audiences à Grasse et rendrons compte des décisions judiciaires prises par le tribunal correctionnel.