Le gouvernement français a décidé de porter au niveau interministériel la gestion du piratage dont a été victime la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Sébastien Lecornu, chef du gouvernement, a convoqué pour lundi une réunion de crise — une cellule interministérielle (CIC) — qu'il présidera dans l'après‑midi, à son retour d'un déplacement en Gironde.
Une attaque « plus sophistiquée » et à grande échelle
Selon la DGFiP, l'incident informatique est d'une ampleur inhabituelle. Les services ont évalué à au moins 678 000 le nombre de contribuables dont les données ont pu être consultées par des tiers malveillants. La directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier, a reconnu que l'administration avait fait face à une « attaque plus sophistiquée » que par le passé.
Pour répondre à l'inquiétude suscitée dans l'opinion et aux critiques montantes au niveau politique, l'exécutif veut s'assurer d'une coordination rapide entre les ministères concernés afin que l'information des victimes et les mesures de protection soient menées « au mieux ».
« Les usagers concernés seront contactés individuellement à compter de lundi 17 août, avec le détail des données susceptibles d'avoir été exposées et les mesures de vigilance à adopter. »
Quelles données ont été exposées ?
La DGFiP a précisé la nature des informations potentiellement compromises :
- Pour les particuliers : noms et prénoms, quotient familial, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source.
- Pour les entreprises : des éléments jugés « moins sensibles », tels que le numéro Siren, l'adresse de l'entreprise et l'adresse du mandataire.
La campagne d'information aux personnes et structures concernées doit débuter dès le lundi 17 août, a indiqué Matignon. L'objectif affiché est d'envoyer à chaque usager un message précisant les données susceptibles d'avoir été exposées et les comportements de vigilance à adopter.
Une gestion de crise calquée sur les précédentes CIC
La cellule interministérielle convoquée par Sébastien Lecornu reprendra le format utilisé pour la gestion des épisodes de canicule durant l'été, selon Matignon : une réunion en visioconférence sécurisée, réunissant les principaux ministères concernés par l'incident. Le choix de ce dispositif vise à consolider l'échange d'informations opérationnelles et à ordonnancer les réponses — notification des victimes, surveillance des usages frauduleux, et coordination avec les services de cybersécurité.
Matignon précise également que ce calendrier de notification aux victimes coïncide avec la reprise de l'information publique après la période estivale, ce qui doit permettre une diffusion organisée des messages de prévention et des consignes pratiques.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nombre de contribuables touchés | 678 000 (au moins) |
| Données personnelles individuelles | Noms, prénoms, quotient familial, revenu fiscal de référence, taux prélèvement à la source |
| Données d'entreprises | Numéro Siren, adresse de l'entreprise, adresse du mandataire |
| Responsable de la coordination | Sébastien Lecornu (CIC présidée par le chef du gouvernement) |
Cette affaire intervient à un moment sensible : face à la multiplication des incidents numériques visant des administrations publiques, la capacité de l'État à protéger les données fiscales des citoyens et à réagir rapidement conditionne tant la confiance des usagers que l'efficacité des réponses judiciaires et techniques.
La tenue d'une CIC dès lundi doit permettre d'évaluer les suites immédiates — information individuelle, mesures de prévention, et coordination des services — sans que Matignon n'ait, pour l'heure, communiqué de calendrier précis au‑delà de la notification des victimes prévue à partir du 17 août.
Les autorités françaises restent tenues de préciser dans les prochains jours la part exacte des fichiers affectés, les causes techniques de la faille exploitée et les moyens mis en œuvre pour limiter les conséquences, tant pour les particuliers que pour les entreprises concernées.