Un outil local pour une nuisance quotidienne
La Ville de Namur a décidé de s’inscrire dans le dispositif régional du Plan local de propreté (PLP) et de lancer, en complément, une application mobile destinée aux citoyens pour signaler les dépôts sauvages et autres incivilités. L’objectif affiché par l’échevinat est double : améliorer la gestion des signalements et renforcer la répression contre les auteurs de dépôts clandestins.
Le choix de Namur n’est pas anodin. En 2025, la commune a enregistré 3 400 signalements relatifs à des dépôts clandestins. Le traitement de ces dossiers représente une facture importante pour les services communaux : environ 2 millions d’euros, soit près d’un tiers du budget du service Propreté publique.
Comment fonctionnera l’application ?
Le nouvel outil, en cours de développement, permettra aux citoyens de signaler directement depuis leur smartphone des dépôts sauvages, des poubelles débordantes ou des graffitis, avec un système de géolocalisation pour situer précisément l’incident. Selon l’échevin de la Propreté publique, cet outil vient compléter les canaux existants :
« Actuellement, les signalements se font par e-mail ou au téléphone. »
L’intégration des signalements dans une plateforme centralisée doit, selon la Ville, permettre de mieux organiser les collectes et d’optimiser les interventions des équipes terrain.
Renforcement des moyens humains et répressifs
Parallèlement à l’application et au PLP, l’échevinat a choisi d’intensifier la capacité de contrôle. La brigade de constatateurs a été portée à cinq agents. Depuis 2026, cette équipe a procédé à 1 260 fouilles de dépôts sauvages et dressé 547 procès-verbaux ou comptes rendus administratifs.
La Ville entend aussi multiplier les « opérations coups de poing » en coordination avec la zone de police, et élargir la formation des agents afin qu’ils puissent constater des incivilités relevant des sanctions administratives communales (jets de mégots, déjections canines, dépôts illicites de poubelles publiques). Le dispositif de vidéosurveillance sera lui aussi optimisé pour mieux cibler les interventions.
Ce que cela change pour le citoyen
Concrètement, les Namurois pourront :
- Signaler un dépôt sauvage immédiatement via l’application ;
- Voir la localisation et le statut des signalements grâce à la géolocalisation ;
- Bénéficier d’une coordination accrue des collectes et d’interventions plus rapides ;
- Constater une présence renforcée des agents chargés de la verbalisation et du contrôle.
La Ville espère ainsi réduire le nombre de dépôts clandestins et, à terme, faire baisser le coût de leur gestion qui pèse lourdement sur le budget communal.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Signalements (2025) | 3 400 |
| Coût du traitement | 2 millions d’euros |
| Part du budget Propreté | ~33% |
| Brigade de constatateurs | 5 agents |
| Fouilles réalisées (depuis 2026) | 1 260 |
| Procès-verbaux dressés (depuis 2026) | 547 |
La mise en œuvre pratique du PLP et le lancement de l’application doivent encore suivre un calendrier opérationnel défini par l’échevinat. Les Namurois seront attentifs aux modalités de déploiement : accessibilité de l’application, délais de traitement des signalements, et efficacité des nouvelles procédures de contrôle.
En privilégiant une approche combinant prévention, outils numériques et renforcement de la répression, Namur mise sur une stratégie complète pour rendre la ville plus propre et limiter l’impact financier des dépôts sauvages sur les comptes communaux.