Avigdor Liberman, figure majeure de la droite israélienne, a fermement écarté toute perspective d'accord politique avec Ofer Winter lors d'une interview accordée à la chaîne i24NEWS, jeudi. Tout en reconnaissant les qualités personnelles du dirigeant d'Amkha Israël, Liberman a lancé un appel aux électeurs pour qu'ils ne fragmentent pas leur vote entre nombreuses listes en lice.
Des propos nuancés mais définitifs
Interrogé sur la possibilité d'un rapprochement politique avec Ofer Winter, le président du parti Israël Beiteinou a pris soin de distinguer l'appréciation personnelle et la perspective d'une alliance. Il a salué Winter comme « un homme de valeurs, quelqu'un de sérieux et de digne », mais a en même temps tourné en dérision l'idée d'un accord entre eux. Par ailleurs, Liberman a invité les électeurs à adopter un comportement « responsable » face à la multiplication des listes.
« Un accord entre Winter et moi ? Pour une ordonnance de médicaments contre la paranoïa, il faut aller chez le médecin, pas chez moi. »
La formule, teintée d'ironie, vise à balayer les spéculations sur des tractations électorales, alors que le paysage partisan se densifie dans la perspective d'un nouveau scrutin.
Un système fragmenté qui inquiète
Le responsable d'Israël Beiteinou a rappelé que lors du précédent scrutin, près de 40 listes s'étaient présentées, et il anticipe désormais une offre encore plus foisonnante — potentiellement 50 listes. Ce constat nourrit son appel à la concentration du vote afin d'éviter une dispersion susceptible de peser sur la stabilité du futur paysage gouvernemental.
- Louanges ciblées : Liberman reconnaît les qualités personnelles d'Ofer Winter.
- Refus catégorique : il dément tout accord entre les deux dirigeants.
- Message aux électeurs : ne pas fragmenter leurs voix entre trop de listes.
Quelques éléments chiffrés
| Éléments | Chiffres cités |
|---|---|
| Listes lors des dernières élections | 40 |
| Anticipation pour le prochain scrutin | ~50 |
| Projection i24NEWS pour le Likoud | 26 mandats (perte estimée de 5 sièges) |
La mention d'un sondage évoquant une baisse du Likoud à 26 mandats, soit une perte de cinq sièges, situe le propos dans un contexte électoral où chaque mouvement de voix peut avoir des conséquences déterminantes sur la construction d'une majorité.
Quelle portée pour la scène politique ?
Au-delà de la pique adressée aux rumeurs d'accord, ces déclarations traduisent une stratégie claire : affirmer la singularité et l'autonomie d'Israël Beiteinou tout en appelant à un choix électoral concentré. Liberman ne ferme pas la porte aux nouveaux entrants en politique — il les accueille même lorsqu'il les juge « dignes » — mais il met en garde contre les effets de la dispersion des suffrages sur la capacité à former des gouvernements stables.
Enfin, interrogé sur d'autres formations, il a manifesté du respect pour le parti Les Démocrates, tout en estimant que ce dernier n'était pas en position d'occuper certains portefeuilles clés dans une coalition à venir, citant en exemple les ministères de la Défense ou de la Justice — portfolios pour lesquels il considère d'autres forces mieux placées. Pour Liberman, des portefeuilles comme le Tourisme ou les Sciences peuvent, en revanche, convenir à de nouvelles formations et leur permettre d'apporter une contribution.
Ces propos contribuent à dessiner les lignes de force d'une campagne où la recomposition rapide des partis et la multiplication des listes pourraient modifier profondément l'équilibre des forces au Knesset et, par conséquent, la formation des futures coalitions.