Une étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine suggère que, pour réduire le risque de décès, la vitesse de marche joue un rôle presque aussi important que le nombre total de pas quotidiens. Les résultats proviennent de l’analyse de données objectives issues de dispositifs de mesure d’activité et portent sur plus de 64 000 participants suivi·e·s sur environ huit ans.
Les conclusions essentielles
Les chercheurs ont exploité les données de la UK Biobank : les personnes étudiées avaient en moyenne 62 ans. Ils ont croisé le volume de pas quotidiens et l’intensité des périodes d’activité pour établir des associations avec le risque de décès, toutes causes confondues et d’origine cardiovasculaire.
- Les personnes effectuant moins de 5 000 pas par jour mais marchant plus vivement durant leurs phases actives montraient un risque de décès inférieur à celui de pairs réalisant le même nombre de pas à allure lente.
- Ce risque était comparable à celui des participants faisant 5 000 à 7 500 pas par jour à une allure plus tranquille.
- Au global, le groupe présentant le plus faible risque de décès était celui effectuant entre 7 500 et 10 000 pas par jour.
Que retenir pour le grand public ?
L’une des interprétations proposées par les auteurs et relayée par des spécialistes est que l’obsession du chiffre « 10 000 pas » n’est pas forcément la seule option pour obtenir des bénéfices sur la santé. Comme le souligne Denice Ichinoe, médecin du sport :
« Ce que j’aime dans cette étude, c’est qu’elle nous éloigne de l’idée qu’il existe un nombre magique de pas que chacun doit atteindre ».
Autrement dit, pour des personnes ayant des contraintes de temps ou des limitations de mobilité, des marches plus courtes mais effectuées à une allure soutenue peuvent apporter des bénéfices comparables à des promenades plus longues mais lentes.
Limites et prudence
Les auteurs rappellent la nature observationnelle de l’étude : elle établit des associations, pas une relation de cause à effet. Il est donc impossible d’affirmer que marcher plus vite a directement provoqué la réduction du risque de décès observée. D’autres facteurs non mesurés pourraient aussi contribuer à ces différences.
| Catégorie de pas | Association observée |
|---|---|
| < 5 000 | Risque moindre si marche à plus vive allure |
| 5 000–7 500 | Risque intermédiaire |
| 7 500–10 000 | Risque le plus faible |
Implications pour les recommandations
Pour les autorités sanitaires et les professionnels belges, ces résultats réaffirment l’importance d’intégrer l’intensité dans les messages de prévention : au‑delà du volume d’activité, encourager des périodes d’effort soutenu dans la journée peut être pertinent, notamment pour les personnes qui peinent à atteindre de hauts totaux de pas. Ceci rejoint les conseils généraux d’activité physique qui privilégient la combinaison de durée, fréquence et intensité.
En pratique, des adaptations simples existent : accélérer légèrement la cadence lors de courtes promenades, intégrer des passages plus rapides lors des trajets quotidiens ou privilégier des montées d’escalier lorsque c’est possible. Ces approches restent compatibles avec les recommandations de santé publique visant à réduire le risque cardiovasculaire.
Enfin, les auteurs et spécialistes invitent à davantage d’études, idéalement interventionnelles, pour déterminer précisément quelle dose d’intensité et quel volume d’activité offrent le meilleur rapport bénéfice/risque selon l’âge et l’état de santé.