Les ministres provinciaux et territoriaux de la Santé du Canada se préparent à une réunion d'urgence afin de discuter des modalités de financement fédéral en matière de santé, a indiqué la ministre de l’Ontario, Sylvia Jones. L'initiative intervient alors que les gouvernements provinciaux et territoriaux s'inquiètent d'un assouplissement des flux financiers fédéraux qui soutiennent des programmes jugés essentiels.
Un calendrier de financement qui inquiète
Les ministres craignent principalement deux évolutions annoncées dans les projections budgétaires fédérales : la fin de certains financements ciblés après mars 2027 et un ralentissement de la croissance du Transfert canadien en matière de santé après mars 2028. Ces mesures risquent, selon les autorités provinciales et territoriales, de créer un « effet domino » sur les services prioritaires auxquels ces enveloppes étaient destinées.
« nous nous dirigeons vers un 'précipice budgétaire' »
Des programmes concernés
Les sommes supplémentaires promises par Ottawa visaient, entre autres, à :
- élargir l'accès aux soins primaires ;
- réduire les listes d'attente pour les interventions chirurgicales ;
- renforcer les services en santé mentale et de lutte contre les dépendances ;
- moderniser les infrastructures et systèmes de santé.
Sans ces financements ou sans un rythme de croissance soutenu, les administrations provinciales et territoriales redoutent des coupes ou un report d'investissements, alors même que la demande de soins reste élevée après la crise sanitaire.
Ce que prévoit le calendrier fédéral
Le mécanisme du Transfert canadien en matière de santé, tel que décrit par les autorités, garantit une progression minimale jusqu'en 2028, suivie d'un taux inférieur par la suite. Voici la trajectoire annoncée :
| Période | Taux de croissance minimal annoncé |
|---|---|
| Jusqu'en mars 2028 | au moins 5 % par an |
| Après mars 2028 | au moins 3 % par an |
Une réunion pour convaincre Ottawa
Selon Sylvia Jones, les ministres entendent faire entendre leur voix auprès du gouvernement fédéral afin d'éviter « un précipice budgétaire ». Ils souhaitent que le prochain budget fédéral, attendu cet automne, corrige ou précise les modalités de sortie des financements ciblés et garantisse des transferts suffisants pour poursuivre les objectifs fixés.
Le texte précise également que ces enveloppes supplémentaires avaient été présentées comme indispensables pour répondre aux priorités citées plus haut. Les ministres provinciaux et territoriaux plaident pour une visibilité et une prévisibilité budgétaire, nécessaires à la planification des services et à la stabilité des prestations.
Calendrier politique
Le gouvernement fédéral doit rendre public son budget dans les semaines à venir. Les ministres de la Santé espèrent obtenir des engagements clairs qui leur permettront de maintenir ou d'adapter les programmes actuels sans provoquer de ruptures dans l'offre de soins. Dans le contexte canadien, où les provinces gèrent la prestation des services de santé mais dépendent largement de transferts fédéraux, ces négociations sont déterminantes pour l'accès et la qualité des soins à moyen terme.
La réunion d'urgence se présente donc comme une tentative coordonnée des administrations provinciales et territoriales pour influer sur les arbitrages d'Ottawa et préserver des marges de manœuvre indispensables aux politiques de santé publiques.