Le programme fédéral canadien d'aide à l'industrie forestière, annoncé en juin pour un montant de 400 millions de dollars, est vivement critiqué pour ses critères d'admissibilité qui excluraient près de 80 % des entreprises du secteur, a rapporté La Presse canadienne. Le chef du Bloc québécois et plusieurs représentants professionnels estiment que le dispositif, tel que conçu, ne répond pas aux besoins des petites entreprises forestières.
Un seuil de chiffre d'affaires disqualifiant
Pour pouvoir bénéficier du soutien, les entreprises doivent présenter un chiffre d'affaires d'au moins 2 millions de dollars. Or, d'après les observations du Bloc québécois et des entrepreneurs interrogés, la majorité des petits acteurs de la filière — ceux qui réalisent la récolte, le transport et l'aménagement des chemins forestiers — n'atteignent pas ce seuil. Résultat : un nombre important d'entreprises restant exclues du dispositif, alors que les droits de douane américains continuent de peser sur le marché du bois d'œuvre.
Un cas concret : refus initial et dossier rouvert
Même des entreprises qui estiment remplir les conditions ont essuyé un refus. C'est le cas de Forestiers R.B.E. Lasalle, dont le propriétaire Benoit Lasalle, président de l'Association québécoise des entrepreneurs forestiers (AQEF), a d'abord vu sa demande rejetée par la Banque de développement du Canada (BDC) malgré le respect apparent des critères.
« J’ai demandé les raisons parce que je voulais comprendre, puis on ne voulait pas me donner les raisons. Ils disaient juste que pour certains critères, je ne rencontrais pas leur minimum pour être admissible. »
Après avoir sollicité l'appui de Louis Dupuis, économiste pour l'AQEF, M. Lasalle a relancé son dossier auprès de la BDC, qui a finalement accepté de le rouvrir. Il demeure toutefois incertain quant à l'octroi des liquidités demandées : il a besoin d'environ 1 million de dollars pour maintenir son entreprise à flot.
Un secteur qui attend encore des résultats concrets
Selon M. Lasalle, malgré de nombreuses demandes envoyées individuellement ou par l'intermédiaire de cabinets comptables depuis l'annonce du programme, « on n’en connaît aucun qui a reçu une réponse positive ». Face à cette situation, le chef du Bloc québécois, Yves‑François Blanchet, a demandé au gouvernement fédéral de revoir et d'assouplir les critères d'admissibilité du programme.
- Montant annoncé du programme : 400 millions $.
- Seuil de chiffre d'affaires exigé pour l'admissibilité : 2 millions $.
- Part d'entreprises exclues estimée par le Bloc : ~80 %.
- Exemple concret : dossier de Forestiers R.B.E. Lasalle rouvert après recours ; besoin estimé de 1 million $.
Conséquences et questions ouvertes
Le débat autour de ce programme souligne plusieurs enjeux : l'adéquation du critère financier au profil de la majorité des acteurs du secteur, la transparence et la communication des organismes chargés de l'instruction des dossiers (ici la BDC), et le calendrier de mise en œuvre des aides face à des pressions commerciales extérieures, comme les droits de douane américains. Les petites entreprises, souvent fragiles en trésorerie et dépendantes de contrats locaux, pourraient rester vulnérables si les conditions d'accès au soutien ne sont pas adaptées.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Montant du programme | 400 millions $ |
| Seuil d'admissibilité (CA) | 2 millions $ |
| Part d'entreprises exclues (estimation) | ~80 % |
| Exemple : montant demandé par Forestiers R.B.E. Lasalle | 1 million $ |
À court terme, la question est simple : le gouvernement fédéral va‑t‑il assouplir les critères pour permettre un accès plus large aux liquidités promises ? Les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer l'efficacité réelle du programme et l'impact des possibles ajustements sur la survie des petites entreprises forestières canadiennes.