Une équipe de chercheurs a synthétisé, dans une revue publiée dans Développements actuels en nutrition, les connaissances contemporaines sur les aliments à base de plantes autochtones d’Amérique du Nord et des Andes et leur potentiel pour l’amélioration de la santé. Le travail met en lumière tant la composition nutritionnelle et les composés bioactifs de ces aliments que les stratégies nécessaires à la revitalisation des systèmes alimentaires traditionnels.
Un héritage alimentaire menacé et pourtant riche
Les auteurs rappellent que les systèmes alimentaires traditionnels — qui regroupent la culture, la récolte, la transformation et la préparation des aliments — ont longtemps fourni aux communautés autochtones des nutriments essentiels et une transmission de savoirs liés à la terre et aux pratiques culturelles. Ils soulignent toutefois que la colonisation européenne a profondément perturbé ces systèmes par le remplacement des cultures indigènes, la dépossession des terres et la réinstallation forcée, entraînant une perte de connaissances et de pratiques alimentaires.
Conséquences sur la santé
Le changement des habitudes alimentaires vers une consommation plus importante d’aliments hautement transformés s’est accompagné, expliquent les chercheurs, de carences nutritionnelles et d’une augmentation des maladies chroniques dans certaines populations autochtones. À titre d’illustration des disparités sanitaires citées dans la revue, la prévalence du diabète chez les adultes amérindiens et autochtones d’Alaska aux États-Unis est indiquée à 16 %, contre 8,5 % chez les adultes blancs non hispaniques.
« Les aliments à base de plantes ont soutenu les communautés autochtones depuis des siècles, leur fournissant des nutriments et les reliant à la terre, aux connaissances écologiques, à la culture, à la récolte, à la préparation et aux pratiques culturelles. »
Que révèle la synthèse scientifique ?
L’article passe en revue la composition nutritionnelle et les composés bioactifs de différentes espèces traditionnelles — des systèmes tels que les Trois Sœurs en Amérique du Nord aux céréales andines — et recense les propriétés liées à la santé qui leur sont attribuées. Les auteurs discutent aussi des approches pour revitaliser ces systèmes alimentaires, qu’il s’agisse de maintien des savoirs, de soutien à la production locale ou d’intégration dans des politiques alimentaires contemporaines.
- Origine : l’est de l’Amérique du Nord et les Andes sont identifiés comme centres historiques de domestication végétale.
- Problème : transition alimentaire vers des produits ultra-transformés, corrélée à des problèmes nutritionnels et à une hausse des maladies chroniques.
- Solution envisagée : réintégration des aliments traditionnels et transmission des savoirs pour améliorer la santé et la résilience communautaire.
Quelques chiffres en comparaison
| Population | Prévalence du diabète |
|---|---|
| Adultes amérindiens et autochtones d’Alaska | 16 % |
| Adultes blancs non hispaniques | 8,5 % |
La revue souligne que la redécouverte et le soutien des régimes alimentaires indigènes ne sont pas uniquement des démarches culturelles : ils représentent aussi des pistes concrètes pour la prévention des maladies non transmissibles et l’amélioration de la sécurité alimentaire. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’approches intégrées combinant recherche nutritionnelle, initiatives communautaires et politiques publiques pour que ces ressources alimentaires soient effectivement accessibles et bénéfiques.
Pour les professionnels de la santé publique et les décideurs, la synthèse publiée dans Développements actuels en nutrition offre un état des lieux utile : elle compile les preuves actuelles sur le potentiel sanitaire des plantes autochtones et esquisse des stratégies pour en favoriser la renaissance, en respectant les savoirs traditionnels et la souveraineté alimentaire des communautés concernées.