Une étude relayée ces derniers jours alerte sur le coût humain potentiellement colossal du phénomène climatique dit « Super El Niño » : selon ces projections, jusqu’à 450 000 décès pourraient être imputables aux vagues de chaleur associées à l’événement entre le début de l’épisode en juin et février prochain.
Origine des chiffres et méthode
La projection provient d’un rapport publié par le Climate Impact Lab de l’université de Chicago et a été commentée dans la presse spécialisée. Elle s’appuie sur l’exploitation de relations empiriques entre températures extrêmes et surmortalité observées à l’échelle locale, croisées avec des prévisions saisonnières liées à l’intensification d’El Niño.
Concrètement, les auteurs partent d’une étude antérieure (2022) qui a divisé la planète en 24 000 régions et a estimé, pour chacune, la sensibilité de la mortalité aux épisodes de chaleur et de grand froid. En combinant ces sensibilités aux scénarios saisonniers, le Climate Impact Lab aboutit à deux chiffres clefs :
- 240 000 décès attendus pour la période septembre‑février liée aux températures saisonnières prévues ;
- un total porté à 450 000 décès en intégrant les victimes déjà recensées depuis le début de l’épisode en juin.
« Nous allons observer une augmentation anormale du nombre de décès », a résumé Emily Grover‑Kopec, spécialiste du climat au sein du cabinet Rhodium Group, citée par la presse.
Qui sera le plus touché ?
La répartition géographique de ces pertes humaines dépend fortement de la capacité d’adaptation des populations et des infrastructures locales — accès à la climatisation, plans de prévention, qualité des systèmes de santé. Selon les estimations citées, l’Afrique serait la région la plus affectée, avec des pays comme le Nigéria voyant un nombre significatif de décès supplémentaires — l’étude évoquant environ 30 000 morts supplémentaires pour ce seul pays.
Les auteurs signalent aussi un risque élevé en Asie du Sud‑Est et dans d’autres parties de l’hémisphère Sud alors que s’annoncent les saisons du printemps et de l’été austral.
Conséquences et enjeux
Ces projections mettent en lumière deux enjeux complémentaires :
- la dimension immédiate de santé publique : des plans d’alerte canicule, le renforcement des capacités hospitalières et l’accès à des lieux frais peuvent réduire la mortalité ;
- le rôle du changement climatique : El Niño vient s’ajouter à une tendance de fond au réchauffement, augmentant la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur.
Les auteurs du rapport et les expert·es interrogé·es rappellent que l’ampleur des pertes dépendra des mesures prises rapidement pour protéger les populations vulnérables — personnes âgées, travailleurs exposés, quartiers défavorisés dépourvus de climatisation ou de réseaux d’eau fiable.
| Période | Décès estimés |
|---|---|
| Septembre–Février (projection) | 240 000 |
| Depuis juin (total cumulé) | 450 000 |
| Nigéria (exemple national) | 30 000 |
Il est important de souligner que ces chiffres reposent sur des modélisations et des corrélations historiques entre température et mortalité. L’estimation ne préjuge pas de lieux précis où les décès auront lieu, mais offre un ordre de grandeur des impacts possibles si des mesures d’atténuation et d’adaptation insuffisantes sont appliquées.
Avec l’anomalie de température de l’océan Pacifique équatorial atteignant des niveaux comparables à l’événement de 2015–2016 — et un pic d’intensité attendu d’ici la fin de l’année — les autorités sanitaires et climatiques sont désormais appelées à installer ou renforcer des dispositifs d’alerte et de protection pour limiter le bilan humain de cet épisode.
La suite des observations et des études s’avère cruciale pour affiner ces projections et orienter des réponses nationales et internationales adaptées.