La République démocratique du Congo (RDC) a mis en avant, mercredi 23 septembre à New York, les résultats de sa politique d’accès à l’éducation primaire. Selon la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, mandatée par le président Félix-Antoine Tshisekedi, la généralisation de la gratuité de l’enseignement primaire engagée en 2019 a permis à plus de 5 millions d’enfants supplémentaires d’entrer dans le système scolaire.
Un bond quantitatif, des enjeux de qualité
Dans son intervention lors de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, dont le thème porte sur la restauration de la confiance et l’accompagnement des transformations, la cheffe du gouvernement congolais a présenté l’investissement dans la population comme le cœur de sa stratégie. Elle a insisté sur la nécessité que cette progression numérique se traduise désormais par des gains en qualité.
« Vous l’aurez compris, la transformation que nous appelons de nos vœux à l’échelle de notre organisation, nous avons choisi de l’engager d’abord chez nous, avec la conviction qu’en investissant dans notre population, première richesse de notre Nation, nous parviendrons à bâtir les fondements d’une confiance retrouvée et d’une prospérité durable. »
La Première ministre a également fourni des repères chiffrés pour illustrer ce mouvement : au cours de l’année scolaire 2023-2024, plus de 21 millions d’enfants fréquentaient le cycle primaire, contre 14,7 millions environ quatre ans plus tôt. Ces chiffres reflètent une transformation rapide des effectifs scolaires, rendue possible par la suppression des frais de scolarité au primaire.
Conséquences et défis pour le système éducatif
L’augmentation massive des inscriptions pose toutefois des défis concrets, dont la Première ministre elle-même souligne la priorité : transformer l’accès en qualité. Sans élargir l’offre pédagogique et améliorer les conditions d’enseignement, le simple accroissement des effectifs risque de creuser les inégalités et d’affecter les acquis scolaires.
Parmi les enjeux immédiats figurent :
- l’augmentation des capacités d’accueil (salles, infrastructures) ;
- le recrutement et la formation d’enseignants qualifiés ;
- l’amélioration des ressources pédagogiques et du suivi des apprentissages.
Les autorités congolaises présentent l’effort comme la première étape d’une transformation plus large, estimant que l’investissement dans l’éducation est central pour restaurer la confiance et soutenir un développement durable.
| Année de référence | Effectif du primaire |
|---|---|
| Vers 2019 (début de la gratuité) | ~14,7 millions |
| Année scolaire 2023-2024 | > 21 millions |
Ces données, présentées lors d’un forum international, contribueront certainement au dialogue avec les bailleurs et partenaires techniques. Elles posent aussi la question de la mise en œuvre locale des réformes : augmentation des effectifs, extension des infrastructures et renforcement du corps enseignant nécessitent des financements et une planification soutenue.
Pour le desk Enseignement, cette annonce illustre une dynamique positive d’accès à l’éducation, mais rappelle surtout que l’ampleur des besoins exige désormais une attention accrue à la qualité des apprentissages et aux conditions d’encadrement scolaire afin que l’entrée à l’école se traduise par des progrès pédagogiques durables.