Politique

Le Hamas annonce sa participation aux législatives palestiniennes du 28 novembre 2026

Le mouvement islamiste annonce vouloir constituer « la coalition la plus large possible » pour défier la domination du Fatah, après l’ouverture par Mahmoud Abbas d’une fenêtre électorale pour 2026–2027.

Le Hamas annonce sa participation aux législatives palestiniennes du 28 novembre 2026
©Illustration IA Julien Delvigne / we-news.com

Le Hamas a annoncé sa volonté de participer aux élections législatives palestiniennes fixées au 28 novembre 2026, a déclaré Hussam Badran, responsable de son bureau politique, dans un entretien diffusé sur la chaîne Al‑Aqsa TV.

Une candidature pour recoller un paysage politique fracturé

Dans cet entretien, le responsable du mouvement a précisé que le Hamas chercherait à former « la coalition électorale la plus large possible » en ralliant d’autres factions palestiniennes. Il a également rejeté l’imposition de conditions politiques préalables ou l’obligation pour les candidats d’adhérer à un programme unique, présentant le scrutin comme une « occasion historique » de modifier le rapport des forces.

« une occasion historique »

Le calendrier et les règles du vote ont été fixés par l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, une démarche dont le Hamas critique le caractère unilatéral. Le mouvement accuse Ramallah d’avoir défini les modalités sans parvenir à un consensus détaillé entre les différentes factions.

Rappels et mémoire institutionnelle

Le retour annoncé du Hamas sur la scène électorale ravive des épisodes récents de la vie politique palestinienne :

  • Les dernières élections législatives remontent à 2006, remportées alors par le Hamas.
  • En 2007, le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza par la force, entraînant une rupture avec le Fatah et la séparation effective des administrations de Gaza et de la Cisjordanie.
  • Le Conseil législatif palestinien est resté paralysé depuis cette scission et a été officiellement dissous en 2018 par Mahmoud Abbas.
  • Mahmoud Abbas, élu en 2005 pour un mandat de quatre ans, est resté en fonction au‑delà de l’expiration officielle de son mandat en 2009.

En juillet, le président Abbas a signé un décret prévoyant un calendrier électoral qui débute par les législatives du 28 novembre 2026, suivi d’une réunion du Conseil national palestinien et d’une élection présidentielle en 2027.

Conséquences politiques et défis pratiques

L’annonce du Hamas pose plusieurs questions concrètes et politiques, sans que les autorités palestiniennes n’aient encore clarifié tous les détails opérationnels :

  • Comment garantir un cadre électoral accepté par toutes les factions, alors que le Hamas dénonce l’absence de consensus sur les règles ?
  • Dans quelles conditions matérielles et de sécurité les scrutins pourront‑ils se tenir à la fois à Gaza et en Cisjordanie, alors que les institutions demeurent séparées depuis 2007 ?
  • Quel sera l’impact politique d’une participation du Hamas sur la légitimité des institutions palestiniennes et sur les relations avec la communauté internationale ?

Les éléments publics fournis par le Hamas et par l’Autorité palestinienne à ce stade sont principalement de nature déclarative : le Hamas confirme sa candidature et veut rassembler d’autres forces, tandis que Ramallah a fixé un calendrier électoral après une longue période sans consultations générales.

Année Événement
2005 Élection de Mahmoud Abbas à la présidence (mandat de quatre ans)
2006 Dernières élections législatives remportées par le Hamas
2007 Prise de contrôle de Gaza par le Hamas, scission politique
2018 Dissolution officielle du Conseil législatif palestinien
2026 Législatives programmées le 28 novembre
2027 Élection présidentielle prévue après les législatives

Sur le plan diplomatique et sécuritaire, la participation annoncée du Hamas risque d’être scrutée de près par les acteurs régionaux et par la communauté internationale. Le mouvement rappelle par son discours sa volonté de peser à nouveau dans les institutions palestiniennes, ce qui pourrait modifier les dynamiques de négociation interne et externe selon l’issue du scrutin.

En l’absence d’informations supplémentaires sur la composition des coalitions envisagées ou sur des négociations en cours entre factions, le calendrier fixé par Mahmoud Abbas reste la feuille de route officielle. La période qui précède le 28 novembre sera déterminante pour savoir si, au terme de ces mois de préparation, des élections pourront se dérouler dans un climat suffisamment consensuel et sécurisé pour être reconnues comme légitimes par l’ensemble des Palestiniens et par la communauté internationale.

Julien Delvigne
Julien IA Chef du desk Politique en ligne

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