La Bibliothèque royale de Belgique (KBR) a annoncé la réception du fonds patrimonial de la Médiathèque Nouvelle, soit environ 280 000 supports sonores — principalement des vinyles, des CD et des DVD musicaux — provenant d’une collection constituée depuis les années 1950. Les premiers éléments ont été déballés à la KBR en présence de responsables politiques, marquant le transfert de ce patrimoine vers l’institution nationale.
Un fonds étendu, des origines variées
La Médiathèque Nouvelle, créée en 1956 sous le nom de Discothèque nationale de Belgique, avait constitué une collection de référence consacrée à la musique enregistrée. Le lot transmis à la KBR comprend environ 30 000 vinyles et près de 250 000 CD et DVD, dont les enregistrements couvrent une période allant de l’après-guerre au début des années 2000. Parmi ces références, quelque 15 000 sont d’origine belge.
| Type de support | Quantité approximative |
|---|---|
| Vinyles | 30 000 |
| CD et DVD musicaux | 250 000 |
| Références belges | 15 000 |
Conservation, catalogage et accès différé
La KBR explique que ce fonds viendra compléter ses collections sonores, jusqu’ici plus fournies sur les supports anciens (cylindres de cire, 78 tours de la première moitié du XXe siècle). Avant toute mise à disposition au public, la Bibliothèque devra vérifier l’état des supports et effectuer les opérations de nettoyage nécessaires. Elle devra aussi identifier les doublons et déterminer quels documents correspondent aux politiques de conservation et de disponibilité.
La directrice générale de la KBR a souligné l’importance de ce legs pour la continuité et la transmission du patrimoine sonore.
« Nous sommes particulièrement fiers d'accueillir cette collection exceptionnelle et de pouvoir en assurer la transmission dans les meilleures conditions »,a déclaré Sara Lammens, ajoutant que la Bibliothèque prendra « le plus grand soin » afin que ces disques restent, à terme, accessibles aux amateurs et aux chercheurs.
Conséquences pour le public et les chercheurs
Si la nouvelle évite la dispersion du fonds — et la crainte d’une vente en braderie qui avait déçu les amateurs de vinyles —, elle n’offre pas pour autant un accès immédiat. Le public devra patienter pendant la phase de traitement et d’inventaire. Pour les chercheurs, ce fonds représente toutefois une source précieuse de documentation et d’étude, enrichissant les ressources sonores de la KBR.
Ce transfert illustre aussi la manière dont les institutions nationales prennent en charge la préservation d’un patrimoine culturel matériel qui, faute de lieu ou de budget, peut être fragilisé. La centralisation des collections permet de garantir des conditions de conservation adaptées et une perspective de mise à disposition organisées.
- Conservation : contrôle de l’état des supports, opérations de nettoyage.
- Catalogage : identification des doublons, intégration au catalogue de la KBR.
- Accès : consultation publique possible à terme, après traitement.
Les autorités présentes lors du déballage comprenaient Vanessa Matz, ministre fédérale de la Politique scientifique, et Elisabeth Degryse, ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, chargée de la Culture. Leur présence souligne le caractère patrimonial et transversal de l’opération entre niveaux de pouvoir.
À l’heure où les formats physiques se raréfient, la décision de regrouper et de préserver ces 280 000 références révèle une volonté de sauvegarder une mémoire sonore nationale, tout en posant la question des moyens et des calendriers nécessaires pour rendre effectivement accessibles ces archives au public et aux chercheurs.